"Vent du Nord" : Walid Mattar filme les destins croisés de la délocalisation

Mis à jour le 23/03/2018 à 17H56, publié le 23/03/2018 à 17H30
Philippe Rebbot et Kacey Mottet Klein dans "'Vent du Nord"

Philippe Rebbot et Kacey Mottet Klein dans "'Vent du Nord"

© Barnay Production/Propaganda Productions/Hélicotronc

Tourné en grande partie sur la Côte d'Opale, "Vent du Nord" est le premier film du réalisateur tunisien Walid Mattar. L'histoire de deux hommes, de part et d'autre de la Méditerranée, qui résistent à leur façon à la mondialisation. Deux vies d'ouvriers, deux destins qui se croisent et se répondent.

Après 32 ans d'ancienneté, Hervé est licencié. Son usine est délocalisée. Il ne baisse pas pour autant les bras et décide de réaliser un vieux rêve : devenir son propre patron, pêcheur en mer. De l'autre côté de la Méditerranée, Foued récupère son emploi d'ouvrier dans l'usine qui vient de s'installer dans la banlieue de Tunis. 

Le parcours de deux ouvriers de part et d'autre de la Méditerranée 

Avec "Vent du Nord", Walid Mattar a donc cherché à raconter le parcours de deux ouvriers, Hervé et Foued. Deux hommes, deux destins, deux mondes qui paraissent si loin l'un de l'autre et pourtant si proches. Eloignés géographiquement, leurs expériences sont liées. Le cinéaste a voulu montrer que les gens se réunissent plus selon leur classe sociale qu'en fonction de leur origine géographique. A travers l'histoire de la délocalisation d'une usine, le spectateur découvre le tissage de deux sociétés qui finissent presque par se confondre dans les mêmes espoirs brisés. 

Reportage : C.Massin /J-M Vasco / V. Biville 

https://videos.francetv.fr/video/NI_1207639@Culture

Un premier long métrage humaniste

"Vent du Nord" est donc le premier long métrage du réalisateur tunisien Walid Mattar qui avait jusqu'à aujourd'hui travaillé uniquement sur des courts métrages. Le dernier en date, "Baba Noël" sorti en 2012 a remporté un franc succès et de nombreux prix en festivals.

Comme le personnage de Foued dans son film, Walid Mattar a travaillé en usine après l'obtention de son diplôme en génie civil. Il a connu ce monde de dureté dans l'entreprise, a fini par baisser les bras et quitté son emploi de cadre. "En Tunisie, la gestion de production ne prend en compte aucune gestion du personnel. L'entreprise garde la liberté de le licencier à tout moment, sans la moindre indemnité. Le chômage aidant, le turn-over est de règle. On attendait de moi que je fasse le dur" explique-t-il.

De cette expérience est née l'idée de son film. Un long métrage qui montre toute la dimension du problème des délocalisations et aborde les conséquences sociales de la mondialisation. Si son film dénonce les absurdités d'un système économique qui broie les individus, il n'est pas sans espoir. Les deux personnages, Hervé et Foued, ont la volonté de se construire un avenir meilleur. 

 

Vent du Nord

Sortie le 28 mars 2018 (1h29 min) Avec Philippe Rebbot, Mohamed Amine Hamzaou, Kacey Mottet Klein

Nord de la France. L'usine d'Hervé est délocalisée. Il est le seul ouvrier à s'y résigner car il poursuit un autre destin : devenir pêcheur et transmettre sa passion à son fils. Banlieue de Tunis : L'usine est relocalisée. Foued, au chômage, pense y trouver le moyen de soigner sa mère et surtout de séduire la fille qu'il aime. Les trajectoires d'Hervé et Foued se ressemblent et se répondent.