"Swagger", les visages et les voix de l'adolescence dans les cités

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/11/2016 à 15H27, publié le 16/11/2016 à 15H11
Les enfants de "Swagger"

Les enfants de "Swagger"

© Faro / Kidam / Mathematic / Carnibird

"Swagger" d'Olivier Babinet sort le 16 novembre 2016. Le réalisateur signe un presque documentaire qui donne la parole à onze collégiens, garçons et filles, qui vivent dans une cité d'Ile-de-France. Filmées sur le vif ou mises en scène, les séquences nous montrent la richesse et la profondeur de cette jeunesse à cheval entre la France et ses pays d'origine.

Un "Swagger", c'est quelqu'un qui a le swagg, c'est à dire qui assume avec décontraction une certaine distinction. En réalité, un "Swagger", c'était quelqu'un qui avait le swagg ! Parce qu'en deux ans, entre le moment où le film a été tourné et celui où on le découvre sur les grands écrans, le mot est tombé en désuétude. Il a rejoint "Bath", "In", "Génial" et la flopée de termes qui, depuis des décennies, marquent une époque et se ringardisent aussitôt que le suivant est apparu. Entre temps, les collégiens d'Aulany-sous-Bois que nous présente Olivier Babinet sont devenus des lycéens. Ils n'ont rien perdu de leur énergie et de leur clairvoyance parfois encore enfantine. Certains d'entre eux se sont pourtant  laissés griser par les plateaux et le tapis rouge de Cannes en mai dernier, et disent aujourd'hui envisager de se lancer dans une carrière au cinéma.

Reportage : M. Caillaud / A. Marie / G. Guillot

https://videos.francetv.fr/video/NI_853245@Culture


Les adolescents sont filmés, tantôt sur le vif, tantôt dans des séquences mises en scènes ou sont interviewés face caméra. Leurs propos permettent de se rendre compte, quand on est loin de ces cités, qu'on ignore complètement qui sont ces enfants. Des adolescents à presque cent pour cent issus de l'immigration et qui emploient sans même s'en rendre compte des termes imposés par l'extrême droite comme "Français de souche". Si leur propos prêtent souvent à réfléchir, leur spontanéïté est aussi de celles qui mettent en joie. Ce n'est pas "La guerre des boutons" version 2014 (puisque le film a été tourné cette année-là) ou l'équivalent contemporain de "L'argent de poche", le film réalisé par François Truffaut en 1976, mais on n'en est pas loin. Reste que, pour une fois, la vision que l'on nous donne de la banlieue populaire n'est pas réductrice. Ni angéliste, ni ségrégationniste. Et ça fait un bien fou.

L'affiche de Swagger

L'affiche de Swagger

© DR


Swagger

Film français d'Olivier Babinet avec Aïssatou Dia, Mariyama Diallo, Abou Fofana...
1h 24 Sortie le 16 novembre 2016

Synopsis : Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au coeur des cités les plus défavorisées de France. Le film nous montre le monde à travers leurs regards singuliers et inattendus, leurs réflexions drôles et percutantes. En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, jusqu’à la comédie musicale et la science-fiction, Swagger donne vie aux propos et aux fantasmes de ces enfants d’Aulnay et de Sevran. Car, malgré les difficultés de leur vie, ils ont des rêves et de l’ambition. Et ça, personne ne leur enlèvera.