"Perfect mothers" d'Anne Fontaine : un sulfureux quatuor

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/04/2013 à 12H59, publié le 01/04/2013 à 12H21
Naomi Watts et Robin Wright dans Perfect Mothers

Naomi Watts et Robin Wright dans Perfect Mothers

© Gaumont Distribution

Deux mères amies d’enfance vont avec la disparition de leurs maris se rapprocher irrésistiblement de leur fils respectifs. Deux passions qui se moquent de la différence d’âge. "Perfect Mothers" d'Anne Fontaine avec naomi Watts et Robin Wright sort sur les écrans le 3 avril 2013.

Lil et Roz sont inséparables depuis leur plus jeune âge. Les deux amies sont également mères et vivent en parfaite osmose avec leurs fils. Inexplicablement, et pourtant comme à l’évidence, chaque femme se rapproche du fils de l’autre, nouant avec lui une relation passionnelle.
A l’abri des regards, dans un décor balnéaire presque surnaturel. Le quatuor va vivre une histoire hors norme jusqu’à ce que l’âge vienne mettre un terme au désordre. Un désordre qu'aucun des quatre protagonistes ne percevait mais que la morale condamne. 

Reportage : MJ.Jouan, I.Palmer

https://videos.francetv.fr/video/NI_144917@Culture

Une histoire vraie 

Lorsqu'Anne Fontaine décide d'adapter pour le cinéma le livre de Doris Lessing "Les grand-mères", elle rend visite à la romancière britannique, prix nobel de litterature en 2007. Elle découvre alors que Doris Lessing s'est inspirée d'une histoire vraie. Une histoire qu'un jeune australien lui avait racontée un soir de beuverie dans un bar. Le jeune homme avait deux amis qui avaient vécu ces amours hors-normes. Loin de les condamner, il avait été jusqu’à les envier. Et c'est bien cela qu'Anne Fontaine a voulu rendre dans ce film. Un spectateur extérieur qui ne jugerait ni les deux femmes, ni leurs enfants pour révéler une histoire d'amour à quatre exceptionnelle 

Cougars ?

Des sujets sur des femmes de 40 ans qui tombent amoureuses d'hommes plus jeunes qu'elles, le cinéma en produit de plus en plus. Phénomène de mode diront certains. C'est le cas notamment de "20 ans d'écart" de David Moreau.
Avec Anne Fontaine on n'est pas dans le registre de la comédie. Et aimer un homme plus jeune n’a rien de risible. Bien au contraire. Cinéaste des tumultes intérieurs, il n'est pas question de rire avec des sentiments si forts et des situations si compliquées. D'ailleurs, pour la réalisatrice ses héroïnes ne sont pas des cougars. Elle déteste d'ailleurs ce terme qu'elle trouve péjoratif et laid. D'autant que pour elle l'amour entre des femmes d'un certain âge et des jeunes hommes n'a rien de nouveau.
Ce qu'elle cherche avant tout chose c'est la transgression des tabous en explorant une nouvelle fois ses sujets de prédilection : la sexualité, le couple, l'intrusion d'un corps étranger dans un environnement organisé. A chaque fois, les personnages qu'elle met en scène sont complexes, assujettis à des pulsions incontrôlables et des blessures indicibles. La relation des deux femmes est si forte que plus encore que la différence d'âge. Les deux femmes avaient grandi ensemble dans un rapport quasi-homosexuel, et avaient ensuite poursuivi ce rapport avec leurs fils. Du coup, on se prend à voir une relation incestueuse. Le fils de l'une pouvant presque être le fils de l'autre. Et c'est finalement ce qui peut le plus déranger le spectateur. 

Hommage aux femmes 

Dans le film d'Anne Fontaine, tout est magnifié. Le décor d'abord. L'Australie, ses plages longilignes, son soleil brûlant, sa végétation luxuriante. que la nature dans laquelle évoluaient les personnages participe à leur sensualité. Les deux jeunes hommes aux allures de jeunes premiers. Et puis surtout, les deux mères qui pourraient donner envie à une fille de 20 ans d'en avoir 40. De sublimes quadragénaires blondes qui finalement peuvent prétendre à la jeunesse des corps. C'est donc également la question de la fuite du temps que ce film interroge. 
Perfect Mothers  

Perfect Mothers  

© Gaumont Distribution