"Maryline" : Guillaume Gallienne à la recherche du diamant brut

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/11/2017 à 17H30, publié le 11/11/2017 à 10H18
Adeline d'Hermy dans "Maryline"

Adeline d'Hermy dans "Maryline"

© Gaumont Distribution

Pourquoi Maryline déchaîne-t-elle les passions ? Si la petite villageoise "montée à Paris" inspire les metteurs en scène, elle récolte surtout des humiliations… Guillaume Gallienne, réserve à son héroïne un destin romanesque. Si le "diamant brut" va finir par se révéler, les intentions du réalisateur restent, elles, plus mystérieuses…

La note Culturebox

3
3/5
Après la réussite éclatante de "Les Garçons et Guillaume, à table", on guettait ce "Maryline" avec curiosité et intérêt. Premier constat, Gallienne investit un territoire très différent. Le rire – parfois acide – de son premier film autobiographique est bien loin. Place au mélo pur jus.
Maryline est une fille de la campagne qui rêve d'une vie d'artiste. Sa découverte du milieu du cinéma va se révéler douloureuse. Humiliée par un réalisateur hystérique, elle se referme comme une huître, tétanisée, butant sur chaque obstacle, incapable de produire le moindre son… Maladroite, parfois gourde, assommée par le trac, on a bien du mal à l'imaginer faire carrière. Noyée dans cet univers hostile, elle ne tarde effectivement pas à sombrer. Mais des rencontres inespérées vont lui donner une nouvelle chance… Et c'est une autre Maryline qui se révèle. Capable d'endosser des rôles dramatiques, de troubler les metteurs en scène et le public.

Reportage : E. Colin / R. Motte / J. Michaam / R. Laurentin
Guillaume Gallienne porte ici à l'écran le fantasme de tout metteur en scène. Dénicher le diamant brut. Repérer la chenille maladroite qui se transformera en un somptueux papillon. Et pour satisfaire sa démonstration, il n'épargne rien à sa Maryline qui pleure beaucoup, souffre énormément et, parfois, peut aussi désarçonner dans son incapacité à réagir. Au fond du trou, il l'aide enfin à se relever et lui offre un final joyeux, inversement proportionnel aux douleurs subies.
Adeline D'Hermy dans "Maryline" © Gaumont Distribution
Le mélo est assumé, presque stylisé. Guillaume Gallienne clame ici tout son amour pour le théâtre, l'alchimie de la scène. Sociétaire de la Comédie Française depuis sept ans, Adeline D'Hermy ne ménage pas ses efforts pour donner de l'épaisseur à cette Maryline qui, quoi qu'elle fasse, provoque des réactions extrêmes. Violentée ou idolâtrée, ils sont nombreux à penser déceler chez elle un "truc", qu'elle-même ignore.

Où Guillaume Gallienne a-t-il voulu nous emmener avec cette Cendrillon du XXIe siècle ? Inspiré d'une rencontre quinze ans plus tôt, son film n'est pas tendre avec le milieu du cinéma et plus généralement sur le traitement parfois réservé aux femmes dans un environnement professionnel. En plein débat sur le harcèlement et les abus de pouvoir, les vexations infligées à sa jeune héroïne prennent un relief particulier. 
Adeline d'Hermy dans "Maryline" 

Adeline d'Hermy dans "Maryline" 

© Thierry Valletoux

La fiche

Drame de Guillaume Gallienne – avec Adeline D'Hermy, Xavier Beauvois, Alice Pol, Vanessa Paradis et Eric Ruf – Durée : 1h47 - Sortie : 15 novembre 2017
Synopsis : Maryline a grandi dans un petit village. Ses parents ne recevaient jamais personne et vivaient les volets clos. À 20 ans, elle "monte à Paris" pour devenir comédienne. Mais, elle n'a pas les mots pour se défendre. Elle est confrontée à tout ce que ce métier et le monde peuvent avoir d'humiliant mais aussi de bienveillant. C'est l'histoire d'une femme, d'une femme modeste, d'une blessure.