"La Parade" : des mercenaires pour sauver la Gay Pride !

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Publié le 25/01/2013 à 16H32
Extrait de "La Parade"

Extrait de "La Parade"

© Neue Visionen

D'anciens miliciens de la guerre de Yougoslavie se retrouvent pour une mission aussi délicate qu'inattendue : sécuriser la première Gay Bride de Belgrade... Une manifestation très éloignée de leurs convictions ! Voilà un film qui alterne joyeusement entre gravité et comédie, sans le moindre complexe. Quitte, de temps à autre, à rater sa cible et tomber à plat. Un rire de résistance !

Un film de Srdjan Dragojevic. Avec : Nikola Kojo, Milos Samolov, Goran Jevtic, Goran Navojec, Toni Mihajlovski, Dejan Acimovic et Matasa Marcovic. Durée : 1h55

L’histoire :
Guerrier mythique devenu parrain de la mafia de Belgrade, Lemon ne peut résister aux caprices de sa fiancée. Et cette dernière lui demande de protéger ses nouveaux amis, un couple d’homosexuels qui cherche à organiser la première Gay Pride de Serbie, menacée par des militants extrémistes.
Tous ses amis gros bras refusent de l’aider, et le voilà parti à la recherche d’anciens mercenaires. Serbes, musulmans, bosniaques, albanais du Kosovo et combattants croates se retrouvent aux côtés des militants homosexuels. Une rencontre pleine de surprises !
Le tableau de l’ex-Yougoslavie contemporaine, et en particulier de la Serbie, est particulièrement accablant. Entre les criminels de guerre recyclés dans la mafia ou les entreprises de sécurité, et les néo-nazis, et autres nationalistes, dont l’unique but est de « casser du pédé », Belgrade offre une galerie de portrait qui ne donne qu’une envie : fuir !

Heureusement, l’humour sauve les meubles. D’un côté comme de l’autre, la caricature est revendiquée. Le souci de réalisme n’est pas le but premier de l’opération. Le trait est aussi forcé quand il s’agit de camper des militants gay que d'anciens ustachis, les guerriers indépendantistes croates…
Praesens-Film

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© Praesens-Film
Srdjan Dragojevic a rassemblé une incroyable galerie d’acteurs. En particulier, du côté des anciens combattants de la guerre yougoslave, gros bras tatoués, qui se retrouvent à défendre une cause tellement éloignée d’eux…

Tout n’est pas parfait dans cette « Parade », le rythme est inégal et quelques situations répétitives. Mais quel plaisir de voir cet équipage infernal de trois mercenaires endurcis et d’un vétérinaire gay entassé dans une Mini rose recouverte de graffitis, remonter les routes de Croatie, de Bosnie et du Kosovo, lancé dans une campagne de recrutement hautement improbable.

A la fin du film, on nous rappelle que la première Gay Pride de Belgrade s’était traduite par plus de 200 blessés et un quartier ravagé par les affrontements. Et la « parade » a été interdite en 2011 et 2012, face aux menaces d’incidents. On a compris qu'une partie des habitants de ce bout d’Europe a encore du chemin pour accepter de vivre avec son temps. Et le rire est, ici, une arme magnifique contre les préjugés !