Des cinéastes dénoncent la "censure" au Maroc de "Much loved" de Nabil Ayouch

Par @Culturebox
Publié le 29/05/2015 à 11H12
"Much loved" de Nabil Ayouch interdit au Maroc : les cinéastes se mobilisent contre la censure

"Much loved" de Nabil Ayouch interdit au Maroc : les cinéastes se mobilisent contre la censure

© Virginie Surd

Près de quatre-vingts cinéastes et producteurs français et européens ont dénoncé vendredi la "censure" visant le dernier film du réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch, traitant de la prostitution, qui a été interdit de projection au Maroc.

Pétition

Stéphane Brizé, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Arnaud Desplechin, Agnès Jaoui, Laurent Cantet, Pascale Ferran, Costa-Gavras, Michel Hazanavicius, Riad Sattouf ou encore Bertrand Tavernier figurent parmi les "premiers signataires" d'une pétition de "soutien" au réalisateur et à son actrice principale, Loubna Abidar.

Le gouvernement marocain a annoncé lundi que le film "Much loved", présenté lors du dernier Festival de Cannes, serait interdit de projection au Maroc car il comporte un "outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine".

https://videos.francetv.fr/video/NI_111227@Culture

Ce film, qui n'est pas encore sorti en salles, traite du problème de la prostitution au Maroc à travers le portrait de plusieurs femmes. "Cette interdiction encourage les pires attaques des courants conservateurs marocains envers le film, Nabil Ayouch et Loubna Abidar faisant l'objet de menaces de mort sur les réseaux sociaux", souligne la pétition signée par les cinéastes et les producteurs.

"Obscurantisme et violentes atteintes à la liberté"

"De toute évidence, ce film sur le milieu de la prostitution à Marrakech montre une réalité que les autorités marocaines refusent de regarder en face. Pourtant, cette réalité niée ne sera modifiée en rien par cet acte de censure délibérée", ajoutent les signataires qui "condamnent cette interdiction avec la plus grande fermeté".

Les cinéastes et producteurs dénoncent "l'obscurantisme et les violentes atteintes à la liberté que cette interdiction constitue : atteinte à la liberté d'expression, atteinte à la liberté du metteur en scène d'exposer son travail, atteinte à la liberté des spectateurs qui ne peuvent avoir accès au film dans les salles de cinémas marocaines". Le réalisateur franco-marocain s'était dit, mardi, "choqué" et "surpris" par cette interdiction, évoquant une "mise en danger de la liberté d'expression".

Le président François Hollande devait recevoir ce vendredi le Premier ministre du Maroc, Abdelilah Benkirane, en visite depuis jeudi matin à Paris dans le cadre d'une rencontre bilatérale entre les deux gouvernements marocain et français.