Roman Polanski menace de poursuivre l'Académie des Oscars après son exclusion

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 10/05/2018 à 09H32
Roman Polanski à Cracovie le 2 mai 2018

Roman Polanski à Cracovie le 2 mai 2018

© Jan Graczynski / SIPA

Roman Polanski menace de poursuivre l'Académie des arts et sciences du cinéma qui remet les Oscars et qui a voté son exclusion : le réalisateur estime que cette décision est illégale et demande à être entendu de façon équitable.

"J'écris cette lettre pour éviter des poursuites inutiles", écrit Harland Braun, l'avocat de Roman Polanski, dans une lettre envoyée cette semaine à l'Académie et obtenue par l'AFP.
 
Le cinéaste franco-polonais fait valoir que l'institution qui remet les Oscars n'a pas suivi la procédure en vigueur en excluant son client sans audience préalable : "Nous ne contestons pas le bien-fondé de cette décision mais le manque de respect flagrant de votre organisation pour ses propres règles de conduite et les infractions au code californien des entreprises".
 
Il ajoute que le metteur en scène oscarisé de "Rosemary's Baby" a "reconnu sa responsabilité morale et légale" dans l'agression sexuelle en 1977 contre Samantha Geimer, 13 ans à l'époque, et que celle-ci a accepté ses excuses et est apparue au tribunal en sa faveur.
 
Harland Braun souligne que Roman Polanski n'a reçu de l'Académie qu'une lettre non signée l'informant qu'il avait été exclu.

Polanski réclame une audience équitable

"M. Polanski ne demande qu'une audience équitable pour présenter sa version", insiste l'avocat dans son courrier adressé à John Bailey, le président de la puissante institution du septième art. Celui-ci n'a pu être joint dans l'immédiat pour commenter cette lettre.
 
Le conseil des gouverneurs de l'Académie, qui comprend des personnalités parmi les plus puissantes d'Hollywood comme Steven Spielberg et Tom Hanks, ont voté la semaine dernière pour exclure Polanski et le comédien Bill Cosby, condamné pour agression sexuelle.
 
La décision se conformait au nouveau code de conduite adopté dans la foulée de l'affaire Harvey Weinstein, le producteur accusé de harcèlement, agression sexuelle ou viol par une centaine de femmes.

Samantha Geimer parle de "mesure moche"

L'avocat polonais de Roman Polanski a vivement réagi à la décision de l'Académie, parlant "de maltraitance psychique à l'encontre de notre client, une personne âgée. Mettre sur le même plan Bill Cosby et Roman Polanski, c'est ne rien comprendre et ça confine au harcèlement".
 
Samantha Geimer a quant à elle estimé que la décision de l'Académie était "une mesure moche et cruelle qui sert les apparences".
 
Le réalisateur de 84 ans, qui vit en France, a parallèlement qualifié le mouvement #MeToo d'"hystérie collective" et d'"hypocrisie", dans une interview à l'édition polonaise de Newsweek.
 
Roman Polanski a plaidé coupable en 1977 de détournement de mineure pour avoir eu une relation illégale avec une adolescente de 13 ans. Au terme d'un accord amiable, des chefs d'accusation plus graves dont viol d'une mineure de 13 ans sous l'emprise de stupéfiants avaient été abandonnés.