L'homme qui a inspiré le film "Gibraltar" attaque l'Etat français

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/09/2013 à 11H28, publié le 09/09/2013 à 10H47
Marc Fievet qui a inspiré le rôle de Gilles Lellouche dans "Gibraltar" demande réparation à la France.

Marc Fievet qui a inspiré le rôle de Gilles Lellouche dans "Gibraltar" demande réparation à la France.

© Drollet/PHOTOPQR/La voix du Nord

Seul son nom a été changé pour les besoins du cinéma. Marc Fievet est l'homme qui a inspiré le personnage joué par Gilles Lellouche dans "Gibraltar" de Julien Leclercq, sur les écrans mercredi 11 septembre. Indicateur des douanes françaises pendant des années, il a passé onze années en prison, lâché par l'Etat français à qui il réclame désormais 91 millions d'euros de dommages et intérêts.

Reportage : C.Le Goff/F.Le Moal/O.Lecointe/S.Malin

https://videos.francetv.fr/video/NI_138287@Culture

Marc Duval est un aventurier. Patron de bar-restaurant à Gibraltar, il accepte de jouer les indics pour les douanes françaises auprès des narco-trafiquants. Cette histoire, c'est le scénario de "Gibraltar" de Julien Leclercq avec Gilles Lellouche. C'est aussi celle de Marc Fievet, 69 ans aujourd'hui. Le film est tiré de son autobiographie ("L'aviseur" - Michel Lafon). En 1994 alors qu'il travaille sous couverture pour les douanes depuis déjà 6 ans avec à la clef des saisies record et 250 arrestations, son bateau est appréhendé au large des côtes canadiennes. A son bord : cinq tonnes de cocaïne. Fievet est arrêté et prend perpète.

Lâché par la France

Ses contacts au sein des douanes françaises le rassurent : il sera rapidement extradé vers la France qui saura lui prouver sa reconnaissance. Sauf que les choses ne se sont pas passées comme ça. Selon Marc Fievet, l'Etat n'a pas tenu ses promesses. Résultat : onze ans de prison et aujourd'hui encore un statut de liberté conditionnelle. Dans un nouveau livre "Dans la peau d'un narco : infiltré au coeur de la mafia" (HugoDoc) écrit avec le journaliste Olivier Jourdan-Roulot, il dénonce cette trahison. Engagé dans un combat juridique contre la France, il réclame sa réhabilitation et 91 millions d'euros de dommages et intérêts.