Polémique Filippetti-Royal au sujet de "Only God Forgives"

Par @Culturebox
Publié le 03/06/2013 à 12H20
Ségolène Royal (avril 2013)

Ségolène Royal (avril 2013)

© Eric Piermont / AFP

"Only God Forgives", de Nicolas Winding Refn, crée la polémique. Ségolène Royal a mis en cause la ministre de la Culture Aurélie Filippetti au sujet du déclassement du film, qui raconte une sanglante vengeance. Interdit aux moins de 16 ans dans un premier temps, il n'est plus interdit qu'aux moins de 12 ans

Sur France 5 dimanche, la présidente de Poitou-Charentes avait livré un plaidoyer pour l'éducation des jeunes contre les addictions et "toutes les  formes de violence".
 
"Je regrette qu'Aurélie Filippetti ait fait déclasser un film ultraviolent, qui était interdit au moins de 16 ans", "sous la pression des  producteurs", a accusé l'ex-candidate à l'Elysée, réagissant à des informations du Parisien Dimanche.
"Only God Forgives" : la bande-annonce
 
Elle faisait allusion à "Only God Forgives", du Danois Nicolas Winding  Refn, en lice à Cannes d'où il est reparti bredouille, et qui relate, avec force hémoglobine, cris de douleur et scènes de torture, une vengeance à  Bangkok.
 
Ségolène Royal attaque les producteurs

"Si les producteurs veulent des films toutes familles, qu'ils fassent des films visibles par toutes les familles", a argumenté Ségolène Royal. "On ne peut pas à la fois faire les bénéfices liés à des films familiaux et en même temps polluer les jeunes avec des scènes d'extrême violence".
 
"On n'a pas le droit de faire des choses pareilles et maintenant, c'est interdit aux moins de 12 ans !", s'est insurgée celle qui a été notamment ministre de la Famille du gouvernement Jospin.
 
Après cette mise en cause directe, le cabinet de la ministre de la Culture a jugé nécessaire de "rectifier certaines inexactitudes". "La ministre n'est en l'occurrence aucunement intervenue pour faire changer le visa donné par l'assemblée plénière de la Commission de classification des oeuvres cinématographiques le 23 avril lors du premier examen", a fait valoir la rue de Valois.

Aurélie Filippetti n'est pas intervenue, selon la rue de Valois
Aurélie Filippetti a simplement demandé "un second visionnage, comme le décret l'y  autorise, à la suite du recours du distributeur du film qui contestait le premier avis d'une interdiction aux mineurs de moins de seize ans avec avertissement", a ajouté l'entourage de la ministre.
 
Cette commission a à nouveau visionné l'œuvre, dont la star est le Canadien Ryan Gosling, et, "après débat, a décidé de revenir sur son premier avis pour proposer une interdiction aux mineurs de moins de douze ans avec avertissement".
 
La ministre "a suivi l'avis de l'assemblée plénière de la Commission, qui comprend 28 membres, comme on pourra relever qu'elle l'a systématiquement fait pour l'ensemble des avis rendus jusqu'ici depuis sa prise de fonction", a encore expliqué le ministère. Le film est sorti la dernière semaine de mai sur les écrans français.