"Marighella", un film aux accents anti-Bolsonaro à la Berlinale

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 15/02/2019 à 19H48, publié le 15/02/2019 à 19H46
"Marighella" du réalisateur brésilien Wagner Moura

"Marighella" du réalisateur brésilien Wagner Moura

© Wagner Moura|Copyright O2 Filmes

Le festival du film de Berlin a présenté le 15 février en avant-première mondiale "Marighella". Ce long-métrage va "ouvertement à l'encontre de ce que représente Bolsonaro" a reconnu Wagner Moura. Le réalisateur brésilien s'attend à ce que son film soit confronté à "beaucoup de problèmes" au Brésil, où aucune date de sortie n'est encore prévue.

"Bien sûr, c'est probablement l'un des premiers produits culturels qui va ouvertement à l'encontre de ce que représente Bolsonaro", a reconnu le réalisateur brésilien Wagner Moura, soulignant que le président d'extrême droite Jair Bolsonaro avait "dénigré" son film avant même son entrée en fonction.

Jair Bolsonaro, ancien capitaine de l'armée, exprime ouvertement son admiration pour la dictature militaire brésilienne de 1964-1985.

Portrait du révolutionnaire marxiste brésilien Marighella 

Le film dresse le portrait du révolutionnaire marxiste brésilien Carlos Marighella - incarné par l'acteur Seu Jorge ("La cité de Dieu", "Pelé") - qui a mené une rébellion armée contre la dictature militaire jusqu'à ce qu'il soit abattu dans une embuscade policière en 1969.

Marighella, théoricien du principe de "guérilla urbaine", devint par la suite une figure révolutionnaire modèle pour les mouvements de gauche radicale du monde entier, à l'instar de l'Argentin Ernesto "Che" Guevara. Jean-Paul Sartre a traduit plusieurs de ses oeuvres en français. 

Wagner Moura ne veut pas que son film soit considéré comme une "réponse" directe à Bolsonaro

M. Moura, acteur à succès de la série "Narcos" dans laquelle il incarne le trafiquant de drogue colombien Pablo Escobar, a expliqué avoir débuté son film en 2013. "J'ai tourné le film sous le mandat de (l'ancien président Michel) Temer, et Bolsonaro était considéré comme une blague. Personne ne croyait" qu'il allait devenir président.

Le réalisateur a cependant affirmé ne pas vouloir que son film, qui raconte comment la police secrète poursuivait, battait et torturait les révolutionnaires gravitant autour de Marighella, soit considéré comme une "réponse" directe à Bolsonaro. Le film raconte les suites du coup d'Etat militaire de 1964, que la junte a tenté de dépeindre comme le résultat d'un soulèvement populaire. Utilisant la menace communiste comme prétexte, le nouveau régime mena une vaste et brutale répression contre les dissidents et médias critiques, avec le soutien du gouvernement américain.

Wagner Moura s'attend à ce que son film soit confronté à "beaucoup de problèmes" au Brésil, où aucune date de sortie n'est encore prévue. "Je m'attends à de l'agressivité physique", déplore-t-il.