#MaintenantOnAgit : avant les César, actrices et personnalités se mobilisent contre les violences faites aux femmes

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 01/03/2018 à 14H31, publié le 27/02/2018 à 15H22
L'actrice Julie Gayet le 10 février 2018 

L'actrice Julie Gayet le 10 février 2018 

© Lionel Urman/SIPA

Une centaine d'actrices et de personnalités, dont Vanessa Paradis, Julie Gayet ou Anna Mouglalis, ont lancé mardi un appel aux dons pour lutter contre les violences faites aux femmes, avec un symbole, un ruban blanc qui sera porté vendredi aux César, et un mot d'ordre "Maintenant on agit".

Vanessa Paradis, Julie Gayet, Anna Mouglalis, Adèle Haenel, Camélia Jordana ou Sandrine Bonnaire

"Nous sommes inquiètes : mal accompagnées, les femmes sont vulnérables face à la justice. Il est temps d'agir. Ensemble, soutenons celles et ceux qui oeuvrent concrètement pour qu'aucune n'ait plus jamais à dire #MeToo. Donnons", disent 130 femmes dans un appel aux dons lancé par la Fondation des femmes et publié dans Libération.

Les comédiennes Julie Gayet, Adèle Haenel ou Sandrine Bonnaire, l'écrivaine Leïla Slimani, la chanteuse Christine and the Queens, la championne de boxe Sarah Ourahmoune, la réalisatrice Tonie Marshall font partie des premières donneuses de cette campagne baptisée #MaintenantOnAgit.

Ce mouvement, inspiré du fonds Time's Up lancé par 300 personnalités du cinéma américain pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail après le scandale Weinstein, vise à recueillir des dons qui seront reversés à des associations proposant un accompagnement juridique aux victimes de violences sexistes ou sexuelles.

Pour Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes qui s'est inspirée du fonds Time's Up lancé en réponse au scandale Weinstein par près de 300 personnalités du cinéma américain, l'objectif est de "lever un million d'euros".

"Il ne s'agit pas d'un effet de mode"

"Souvent, nous n'avons rien dit. Par crainte. Par habitude. Pour oublier. Ou parce que nous espérions être l'exception plutôt que la règle", soulignent-elles. "Il y a quelques mois, des actrices ont percé le mur du silence.". "Ce n'est que le début", prévient la comédienne Anna Mouglalis. La récente libération de la parole n'est "pas un effet de mode", "il y a eu une prise de conscience" qui doit "s'incarner dans des actes. Sinon, les femmes parleront dans le vent", explique-t-elle à l'AFP.
 
"Toutes les femmes ont été confrontées à des harceleurs (...), ça nous est toutes arrivé", déclarait fin janvier l'actrice Julie Gayet, estimant que Time's up était "formidable". "Maintenant on agit', ça veut dire "Maintenant on donne". Certaines associations sont débordées. Il y a urgence à comprendre que la lutte contre les violences faites aux femmes requiert des moyens", explique-t-elle à l'AFP. Quatre associations ont été sélectionnées : le Collectif féministe contre le viol, l'association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), l'espace femmes Geneviève D., et Prendre le droit.

"On ne veut pas se substituer à l'État. On dit juste qu'il y a urgence à comprendre que la lutte contre les violences faites aux femmes requiert des moyens. Que fera-t-on le jour où les 230.000 femmes battues viendront porter plainte ?", explique Anne-Cécile Mailfert Loin de la polémique suscitée par la tribune des 100 femmes, dont l'actrice Catherine Deneuve, défendant la "liberté d'importuner", Mme Mailfert espère que la centaine de personnalités apportera "la lumière" aux victimes de violences.
 
Dans le sillage de l'affaire Weinstein, le nombre de plaintes déposées en 2017 pour viols et agressions sexuelles a connu en France une hausse respectivement de 12% et 10% par rapport à 2016. Plusieurs associations, dont l'AVFT, ont alerté les pouvoirs publics sur leurs difficultés à répondre aux victimes, faute de moyens.

Un ruban blanc aux César

Ce mouvement est symbolisé par un ruban blanc, que les signataires veulent transformer en emblème de la cérémonie des César, présidée vendredi par Vanessa Paradis.  

La secrétaire d'État à l'Égalité Marlène Schiappa, a jugé mardi auprès de de l'AFP "formidable que des artistes adorées des Françaises et des Français s'engagent", rappelant que "de nombreuses associations dont l'action est importante sont financées uniquement depuis des années par de l'argent public".