Libre échange UE-USA : pétition de grands réalisateurs européens

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/04/2013 à 20H22, publié le 22/04/2013 à 16H34
Les cinéastes belges Luc et Jean-Pierre Dardenne sont les meneurs de la pétition "L'Exception culturelle n'est pas négociable".

Les cinéastes belges Luc et Jean-Pierre Dardenne sont les meneurs de la pétition "L'Exception culturelle n'est pas négociable".

© Bertrand Guay / AFP

De nombreux grands réalisateurs emmenés par les frères belges Luc et Jean-Pierre Dardenne ont signé une pétition baptisée "L'exception culturelle n'est pas négociable". Dans ce texte, ils exigent des chefs d'Etat européens l'exclusion du secteur de l'audiovisuel dans le projet d'accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe.

Haneke, Hazanavicius, Almodovar, Loach et Lynch ont déjà signé
Quelque 80 réalisateurs essentiellement européens - l'Autrichien récemment oscarisé Michael Haneke ("Amour"), les Français Michel Hazanavicius ("The Artist"), Eric Toledano et Olivier Nakache ("Intouchables"), mais aussi l'Espagnol Pedro Almodovar, le Danois Thomas Vinterberg ou les Britanniques Ken Loach, Mike Leigh et Stephen Frears - ont déjà signé la pétition en ligne, ainsi que l'Américain David Lynch.

Ils "appellent solennellement les chefs d'Etats européens à se prononcer en faveur de l'exclusion des services audiovisuels et cinématographiques des négociations entre l'Europe et les Etats-Unis".

"Nous nous battrons pour que l'Europe continue à écrire son histoire par l'esprit, par la culture, par un regard divers sur soi et sur le monde, afin que les citoyens puissent apporter des réponses profondes et complexes aux défis que notre époque soulève", écrivent les auteurs du texte.

Les négociations incluent l'audiovisuel
Le 13 mars dernier, le collège des commissaires européens a donné son feu vert au lancement de négociations de libre-échange avec les Etats-Unis, en incluant le secteur audiovisuel dans le mandat de négociation. Ce mandat doit encore être approuvé par les 27 Etats membres de l'Union européenne.

La France a toujours affirmé que le soutien à la création, grâce à des quotas en faveur de la production européenne, était essentiel pour protéger la diversité culturelle.

La position du président Hollande
Mi-mars, le président Hollande avait déclaré, à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles, être en faveur de l'ouverture de négociations "pour lutter contre un certain nombre de barrières douanières ou de freins aux échanges, de façon à favoriser la croissance". Mais il réclamait que l'audiovisuel soit exclu du champ de la négociation.

Quelles conséquences ?
Inclure dans la négociation le secteur audiovisuel aurait pour conséquence "de permettre aux oeuvres audiovisuelles américaines d'accéder au marché européen dans les mêmes conditions que les oeuvres européennes. Ainsi, elles pourraient bénéficier des mêmes avantages que les oeuvres européennes et françaises, réduisant à néant les politiques mises en place par l'Union européenne et les Etats membres", a mis en garde la Coalition française pour la diversité culturelle, qui rassemble les organisations professionnelles du secteur.

La pétition soutenue par la SACD et l'ARP
Lundi après-midi, la pétition a reçu le soutien de la Société des auteurs compositeurs dramatiques (SACD), qui appelle ses membres à signer la pétition. Pour la SACD, il s'agit d'une "juste réponse au projet de mandat de négociation que la Commission européenne a proposé aux Etats européens d'adopter", mandat qu'elle qualifie de "dangereux et irresponsable".

Les cinéastes de l'ARP ont également applaudi la mobilisation de leurs confrères européens et appellent les professionnels mais aussi les citoyens européens à signer le document.