Le réalisateur Bob Swaim condamné pour agression sexuelle

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/06/2013 à 09H46, publié le 28/06/2013 à 09H32
Le réalisateur américain Bob Swaim à son procès pour "agression sexuelle" le 27 juin 2013 à Paris

Le réalisateur américain Bob Swaim à son procès pour "agression sexuelle" le 27 juin 2013 à Paris

© LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi le réalisateur américain Bob Swaim, qui vit depuis 40 ans en France, à 15 mois d'emprisonnement avec sursis pour l'agression sexuelle d'une de ses étudiantes, il y a six ans, en 2007.

"Je suis innocent et je vais faire appel", a déclaré Bob Swaim après lecture de la décision. Il a également été condamné à 8.000 euros de dommages et intérêts. Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public, qui avait réclamé de 15 à 18 mois d'emprisonnement avec sursis.

Le titre de gloire du réalisateur est "La Balance" (1983) pour lequel il remporta le César du Meilleur film de l'année, le César du Meilleur acteur et de la Meilleure actrice revenant à Philippe Léotard et Nathalie Baye.   
Les faits repprochés au cinéaste remontent à février 2007, au terme d'une séance de photographies qui aurait dérapé au domicile de la jeune femme, alors âgée de 22 ans. Après avoir nié initialement, Robert "Bob" Swaim (69 ans) avait reconnu la relation sexuelle, tout en affirmant qu'elle avait été initiée par l'étudiante.
La jeune femme, qui dit n'avoir "pas compris ce qui allait se passer", a reconnu ne pas avoir été contrainte physiquement lors de la relation. "Je ne me suis pas méfiée", a raconté à la barre la jeune femme, américaine aussi, dans un français quasiment parfait. "Je le voyais tellement comme un père ou comme une figure paternelle, je n'avais même pas en tête qu'il puisse s'intéresser à quelqu'un comme moi", a ajouté la plaignante.
"Vous étiez embarquée dans quelque chose que vous ne contrôliez plus ?" lui a demandé la présidente. "C'est ça", a répondu la jeune femme, "j'ai cédé à la pression."

"Une relation ambigüe"
Interrogée par les enquêteurs, elle a déclaré avoir craint pour son avenir professionnel si elle se refusait à M. Swaim ou si elle dénonçait les faits dont elle avait été victime.
Plusieurs personnes de l'entourage de la jeune femme ont également été entendues au cours de l'enquête. Un étudiant de ses amis qui l'a vue immédiatement après les faits a trouvé qu'elle n'était "pas bien du tout alors que d'habitude, elle (était) très enjouée".
Son compagnon, qui habitait avec elle, a constaté après les faits que la jeune femme n'avait plus voulu avoir de relations sexuelles avec lui, qu'elle était "complètement bloquée". Informé de ces déclarations, Bob Swaim a affirmé que la jeune femme lui avait raconté, avant les faits, que sa relation avec son compagnon se dégradait.
"Ca fait cinq ans que je réfléchis à tout ça, que je cherche pourquoi", a déclaré Bob Swaim. Pour lui, les choses se sont déroulées ce jour-là dans la "complicité". "On rigolait, il y avait une ambiance", a affirmé le réalisateur de "La Balance" (1982). "Elle a défait ma braguette et elle m'a fait une fellation, fin de l'histoire", a déclaré le cinéaste. "Cela fait plus de vingt ans que je travaille avec des jeunes étudiantes, je n'avais jamais eu d'histoire avec des étudiantes" avant de rencontrer cette accusatrice, a-t-il dit.
Lors de leur plaidoirie, les deux avocats de la défense, Me Alexandre-M. Braun et Leon-Lef Forster, ont cherché à mettre en évidence les "incohérences" du dossier. Ils ont notamment souligné que la jeune femme avait revu le réalisateur à plusieurs reprises après l'agression et avait même réalisé une nouvelle séance de photographies avec lui quelques mois plus tard.
"Quand on veut bien prendre la peine de l'examiner pièce par pièce, ce dossier, in fine, il n'en reste rien", a dit Me Braun. "Il n'y a pas de certitude possible dans ce dossier", a-t-il insisté, quand son confrère, Me Forster, a lui décrit "une relation ambigüe" entre le réalisateur et son étudiante "dans laquelle les choses se font sans se dire".
"M. Swaim n'a pas commis les faits ? Si, il les a commis. Il ne les avoue pas. C'est différent", avait, plus tôt, affirmé la représentante du ministère public.