30 femmes accusent James Toback de harcèlement, relayées par 200 autres femmes

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/10/2017 à 14H51, publié le 23/10/2017 à 18H53
Le réalisateur américain James Toback en septembre 2017.

Le réalisateur américain James Toback en septembre 2017.

© Tiziana FABI / AFP

Lundi, près d'une quarantaine de femmes ont accusé, dans le Los Angeles Times, le réalisateur américain James Toback de harcèlement et d'agressions sexuelles commises sur plusieurs décennies, dans le sillage de l'affaire Harvey Weinstein. Dès la publication de l'article, le quotidien a été inondé de courriers électroniques et d'appels de plus de 200 autres femmes témoignant de faits similaires.

Ces témoignages n'ont pas pu être vérifiés, a précisé le journal mardi.

Il rôdait à Manhattan à la recherche de proies

Les nouvelles révélations concernant James Toback s'inscrivent dans la foulée de l'affaire Harvey Weinstein qui secoue Hollywood et pousse de nombreuses actrices à dénoncer ouvertement des pratiques jusqu'ici passées sous silence dans l'industrie américaine du cinéma.

Dans une longue enquête pour laquelle 31 actrices ou aspirantes actrices sur 38 ont accepté de témoigner à visage découvert, le quotidien Los Angeles Times affirme que James Toback, 72 ans, avait pour habitude de "rôder dans les rues de Manhattan à la recherche de jeunes femmes attirantes". 

Son but : les attirer dans un entretien en tête-à-tête, en leur faisant miroiter une carrière d'actrice grâce à ses connexions dans le monde du cinéma. Le plus souvent, les jeunes femmes devaient répondre à des questions sur leur vie sexuelle puis regarder James Toback se masturber et éjaculer devant elles.

Ses victimes se sont senties salies

"Je me suis sentie comme une prostituée, une déception pour moi-même, mes parents, mes amis. Et je ne méritais pas d'en parler à quiconque", a expliqué l'actrice américaine Adrienne LaValley après un épisode datant de 2008 au cours duquel James Toback s'est frotté à elle avant d'éjaculer, a-t-elle témoigné. 

Le réalisateur demandait fréquemment aux aspirantes actrices de se déshabiller afin de tester, disait-il, leur aisance et leur potentiel devant une caméra. "Étrangement, je pensais : c'est un test pour savoir si je suis une vraie artiste et si je veux sérieusement être actrice", a confié Starr Rinaldi, approchée par James Toback à Central Park, il y a une quinzaine d'années. Aucune d'entre elles n'a porté plainte au moment des faits.

James Toback nie

Contacté par le Los Angeles Times, James Toback a nié ces accusations, assurant n'avoir jamais rencontré ces femmes ou alors "pour cinq minutes et sans en avoir aucun souvenir".

James Toback est scénariste et réalisateur depuis 1974. Son film le plus récent "The Private Life of a Modern Woman", avec Sienna Miller, a été présenté au festival du film de Venise. En 1987, il avait réalisé un film aux accents autobiographiques "Le Dragueur" avec Robert Downey Jr, à qui il a offert deux autres premiers rôles dans "Two Girls and a Guy" (1997) et "Black and White" (1999). 

Cette nouvelle affaire de mœurs à Hollywood fait suite à celle visant le producteur Harvey Weinstein, accusé par une quarantaine de femmes de harcèlement, abus sexuels et viols. Des enquêtes criminelles sont en cours à Londres, New York et Los Angeles sur l'ex-magnat du cinéma.

L'affaire Weinstein et ses remous quotidiens

Depuis le 5 octobre, Hollywood est secoué par l'affaire Weinstein. Parallèlement, des accusations de pédophilie à Hollywood émergeaient lundi. L'acteur et musicien Corey Feldman, qui clame depuis des années avoir été victime d'abus sexuels lorsqu'il était un enfant acteur tout comme son ami aujourd'hui décédé Corey Haim, a tweeté jeudi être "heureux que les gens parlent et j'espère que d'autres vont prendre la parole publiquement car il y a beaucoup d'autres témoins des crimes dont je parle".

"Je prépare un plan qui pourrait être une façon de mettre en lumière la situation. Si j'arrive à trouver une manière d'obtenir justice", a-t-il ajouté.

Ses propos ont largement été relayés dans la presse, le site Page Six titrant ce week-end "Corey Feldman essaie d'obtenir enfin justice" et le cinéaste oscarisé Paul Haggis interrogeant dans The Guardian dimanche : "Est-ce que les gens protégeaient également les pédophiles" à Hollywood ?

La semaine dernière, le Hollywood Reporter affirmait qu'un agent d'acteurs, Tyler Grasham, était en congés de l'agence APA dans le cadre d'une enquête interne à la suite d'accusations d'agressions sexuelles sur de jeunes acteurs. L'actrice Reese Witherspoon a déclaré avoir été abusée par un réalisateur lorsqu'elle avait 16 ans.

Deux nouvelles femmes sont par ailleurs sorties de l'ombre pour accuser le réalisateur franco-polonais oscarisé Roman Polanski de les avoir agressées sexuellement au début des années 1970 lorsqu'elles avaient respectivement 10 et 15 ans. "Les seuls faits qu'on peut lui reprocher sont ceux qui concernent Samantha Geimer qu'il a reconnus dès sa première audition il y a quarante ans (...) Il conteste toutes les autres accusations sans fondement dont il a fait l'objet", a réagi lundi l'avocat du cinéaste, Hervé Temime, joint par l'AFP.