Le palmarès du film policier de Beaune récompense le chinois "The Looming Storm"

Mis à jour le 09/04/2018 à 14H13, publié le 08/04/2018 à 09H50
Le jury du 10e Festival de Beaune (2018)

Le jury du 10e Festival de Beaune (2018)

© FRANCK CASTEL / MAXPPP

Le jury du 10e festival du film policier de Beaune, présidé par Lambert Wilson, a remis son Grand prix samedi soir au film chinois "The Looming Storm", premier long métrage du réalisateur Dong Yue. Le prix du jury, est revenu à "La Mémoire assassine", deuxième film du sud-coréen Won Shin Yun. Un 10e palmarès dominé par l’Asie mais qui comprend d’autres surprises.

La compétition officielle

"The Looming Storm" a remporté le Grand prix, la plus haute récompense du festival du film policier de Beaune. Il distingue un premier film qui raconte l’enquête obsessionnelle d’un investigateur en 1997, à quelque temps de la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Un prix remis à l’unanimité du jury, a insisté Lambert Wilson, son président.
"The Looming Sorm" : la bande annonce
Le prix du jury est revenu à "La Mémoire assassine", deuxième film du sud-coréen Won Shin Yun consacré à un tueur en série atteint de la maladie d’Alzheimer qui a décidé d’enquêter sur une série de meurtres dont il pourrait être lui-même l’auteur.
"La Mémoire assassine" : la bande annonce

Les deux prix attenants

Le prix Sang neuf est revenu au film indien "Ajii", deuxième film de Devashish Makhija qui se consacre à l’enquête menée par une femme âgée sur le viol de sa petite fille de neuf ans.
"Aji" : la bande annonce
Le prix Spécial Police, remis par un jury composé de professionnels de la police, présidé par la commissaire divisionnaire honoraire et romancière Danielle Thiéry, a récompensé le film franco-belgo-suisse de Samuel Tilman "Une part d’ombre". Un père de famille aimé et entouré, soupçonné de meurtre, y divise son entourage et mène l’enquête pour se disculper, alors que tout l’accuse.
"Une part d'ombre" : la bande annonce

La critique sous le charme d’un film atypique

Le prix de la critique est enfin revenu à "The Guilty", premier film du danois Gustav Möller. Il se déroule entièrement dans la cellule téléphonique des urgences de la police danoise, où un des fonctionnaires reçoit l’appel d’une femme se disant enlevée par son mari violent. Il prend alors les décisions pour la sortir de ce mauvais pas, mais n’est pas au bout de ses peines…
Jakob Cedergren dans "The Guilty" de Gustav Möller

Jakob Cedergren dans "The Guilty" de Gustav Möller

© ARP Sélection

Bilan

Ce dixième palmarès est donc dominé par le cinéma asiatique, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde se partageant les principales trophées. Il faut souligner en outre le prix Spécial police qui a récompensé un film francophone pour son traitement de la présomption d’innocence malmenée par les soupçons de culpabilité dominants. Mais il ne faut surtout pas passer à côté du prix de la critique revenu au film danois "The Guilty", pétri de suspense, alors qu’il repose uniquement sur des échanges téléphoniques. Il fait appel au hors-champ et à l’imagination du spectateur pour visualiser l’action : remarquable.
Viggo Mortensen et David Cronenberg (Beaune 2018)

Viggo Mortensen et David Cronenberg (Beaune 2018)

© BONY/SIPA
Cette dixième édition se distingue par une sélection où dominaient les premiers ou deuxièmes films en provenance d’une diversité géographique inédite à ce point à Beaune. Mais au-delà de la compétition, l’hommage rendu au réalisateur David Cronenberg, avec Viggo Mortensen à son côté, aura été le grand moment du festival.