Le cinéaste Mahamat Saleh Haroun n'est plus ministre de la Culture au Tchad

Mis à jour le 09/02/2018 à 11H33, publié le 09/02/2018 à 11H32
Le cinéaste Mahamat Saleh Haroun, septembre 2017

Le cinéaste Mahamat Saleh Haroun, septembre 2017

© VALERIE MACON / AFP

Figure culturelle de taille au Tchad, le cinéaste Mahamat Saleh Haroun, primé au festival de Cannes en 2010 pour "Un homme qui crie", était ministre de la culture et du tourisme depuis un an. Il a été démis le 8 février de ses fonctions par un décret gouvernemental.

Mahamat Saleh Haroun, qui a longtemps vécu en France, "a été appelé à d'autres fonctions (...). Djibert Younous (lui même ancien ministre de la Culture, ndlr) est nommé ministre de la jeunesse, des sports, de la culture et du développement touristique", selon un décret lu à la radio nationale le 8 février. Le communiqué n'indique pas les raisons de la démission de Mahamat Saleh Haroun, qui était entré au gouvernement tchadien en février 2017.

Mahamat Saleh Haroun avait gardé la double casquette

"Je ne suis pas devenu ministre pour laver la mémoire du Tchad", avait déclaré début février Mahamat Saleh Haroun, dans un entretien au magazine Jeune Afrique.

Mahamat Saleh Haroun est l'auteur du documentaire "Hissène Habré, une tragédie tchadienne", où il donne la parole à des témoins des répressions du régime de l'ex-président tchadien Hissène Habré (1982-1990), condamné à la prison à perpétuité en 2016.

Auteur du récent film "Une saison en France", sorti en 2018 dans les salles et qui raconte le sort d'un migrant centrafricain en France ainsi que d'"Un homme qui crie" pour lequel il a remporté le prix du jury du Festival de Cannes en 2010, Mahamat Saleh Haroun avait voulu garder une double casquette de ministre et de cinéaste.
La bande-annonce du film en salle ce mercredi "Une saison en France"
Durant son mandat, il a doté la bibliothèque nationale de 3.000 livres et créé le grand prix littéraire du Tchad. Il voulait créer une école de cinéma au Tchad avec une ambition régionale.
"UN HOMME QUI CRIE" de Mahamat-Saleh Haroun