Le 11e Festival du film francophone d'Angoulême sous le signe d’Haïti

Mis à jour le 21/08/2018 à 13H12, publié le 21/08/2018 à 13H05
Le cinéma Rex à Port au Prince (Haïti), lieu du Festival Nouvelles Vues (2017)

Le cinéma Rex à Port au Prince (Haïti), lieu du Festival Nouvelles Vues (2017)

© Festival Nouvelles Vues, Haiti

Depuis 2011, chaque édition du Festival du film d’Angoulême rend un hommage au cinéma d’un pays francophone. Après la Tunisie, le Sénégal, le Québec, le Burkina-Faso, la Belgique, le Liban, et la Côte-d’Ivoire, c’est au tour en 2018 de la production haïtienne d’être mise à l’honneur.

La quantité de films produits selon ces pays, où la langue française est largement pratiquée, est évidemment très variable. La Belgique ou le Québec paraissent ainsi pléthoriques par rapport au Burkina-Faso ou au Liban. Angoulême offre ainsi un coup de projecteur sur des cinémas confidentiels, qui ont non moins leur place, méritant d’être vus, découverts et mis en valeur aux yeux du plus grand nombre, le festival étant largement ouvert au public. Pour cette 11e édition, 11 pays sont présents sur le festival.
Défilé de chars à Port au Prince en 1897 (catalogue Lumière)

La rareté du cinéma haïtien

Le cinéma haïtien n’est évidemment pas des plus prolixes et ne peut rivaliser avec la Belgique ou la province canadienne francophone de Québec. Si le cinéma apparaît à Haïti comme ailleurs dans le monde en 1896 (après la première séance publique à Paris de décembre 1895), il n’y a pratiquement aucune production locale. Les difficultés économiques du pays ne permettent pas le développement d’une industrie cinématographique propre pendant des décennies. Ainsi, durant les 28 ans de la dictature Duvalier (1957-1986) la production locale ne compte que trois films : deux longs métrages et un moyen métrage.

La diaspora haïtienne est plus prolixe et à vocation politique, militante contre la dictature de François Duvalier (Papa Doc), puis de son fils Jean-Claude Duvalier (Baby Doc). Parmi eux : "Haïti, le chemin de la liberté" d’Arnold Antonin en 1974 que soutient la revue Les Cahiers du cinéma et qui ouvre le cinéma haïtien à l’international.
"Haïti, le chemin de la liberté" : les 5 première minutes du film
Tous ces films sont des documentaires et il faut attendre la chute des Duvalier pour voir apparaitre un cinéma de fiction et le réalisateur phare de l’île, Raoul Peck, dont sont projetés à Angoulême "Haitian Corner" (1989) et "L’Homme sur les quais" (1992), qui fait partie de la sélection officielle à Cannes en 1993.
"L'homme sur les quais" : extrait
Raoul Peck était également en compétition au festival d’Angoulême en 2010 avec "Moloch Tropical". Son dernier film, "Le Jeune Karl Marx" est sorti le 27 septembre 2017.

L’hommage au cinéma haïtien en sept films

Haitian corner (1988) – Haïti - Raoul Peck

L’Homme sur les quais (1992) – Haïti / France - Raoul Peck

Royal Bonbon (2002) Haïti / France - Charles Najman

Les Amours d’un zombi (2009) – Haïti - Arnold Antonin
"Les Amours d'un zombi" : la bande annonce
Chronique d’une catastrophe annoncée (2010) – Haïti -  Arnold Antonin

Port-au-Prince - Dimanche 4 janvier (2015) – France / Belgique - François Marthouret

Ayiti mon amour (2016) – Haïti - Guetty Fel