"L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot" par Serge Bromberg, histoire d'un film maudit

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 10/11/2009 à 17H36
"L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot" par Serge Bromberg, histoire d'un film maudit

"L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot" par Serge Bromberg, histoire d'un film maudit

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Les cinéphiles vont être comblés : le 11 novembre sort sur les écrans un documentaire de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea, consacré au film sulfureux et inachevé d'Henri-Georges Clouzot, "L'Enfer" qui aurait du sortir en 1964 mais qui n'a jamais été terminé. Quarante-cinq ans après, grâce à des bobines de l'époque, ce documentaire permet de reconstituer l'histoire de ce film.

Quand Clouzot s'attaque à ce projet, il sort d'une longue période de quatre ans sans tournage et d'une dépression qui fait suite au décès de sa première femme, Vera. Ce sont d'ailleurs ses relations avec elle qui vont lui inspirer L'Enfer. Avec ce film, il veut révolutionner le cinéma. Et comme les producteurs de la Columbia lui laisse carte blanche, il va en profiter pour expérimenter divers procédés dont un système d'éclairage baptisé l'Héliophore. Mais sa plus belle rencontre, c'est certainement Romy Schneider qui, entre ses mains, devient une créature érotique et fascinante. Le tournage officiel commencera en juillet 1964, dans le Cantal. Mais avant cela, Clouzot consacrera six mois à des essais préparatoires dans les studios de Boulogne où il s'enfermera avec Romy Schneider, peignant son corps ou la recouvrant de paillettes et d'huile d'olive. A l'époque, elle n'a que 26 ans et l'image de Sissi lui colle à la peau. Elle veut s'en défaire et va donc totalement s'investir dans ce projet. La preuve: son contrat stipulait qu'elle ne ferait aucune scène dénudée. Elle tournera la célèbre séquence où un train fonce sur elle, alors qu'elle est enchaînée, nue, sur les rails. Elle va résister à toutes les folies du réalisateur. Pas Serge Reggiani (42 ans au moment du tournage) qui, dépressif, sera hospitalisé. Et pas les experts d'assurance, qui après l'infarctus de Clouzot, décident que le tournage ne reprendra pas. Sans le savoir, ils allaient faire rentrer le film dans la légende.