L'actrice syrienne anti-Assad May Skaf inhumée à Dourdan, en banlieue parisienne

Par @Culturebox
Publié le 03/08/2018 à 18H54
L'actrice syrienne anti-Assad May Skaf (2018)

L'actrice syrienne anti-Assad May Skaf (2018)

© Zakaria ABDELKAFI / AFP

L'actrice May Skaf, l'une des premières artistes syriennes à avoir pris position contre le régime de Bachar al-Assad, décédée à 49 ans le week-end dernier en banlieue parisienne, a été enterrée vendredi à Dourdan (Essonne) au sud-ouest de Paris.

La diaspora syrienne présente

Cinq à six cents personnes, dont des personnalités syriennes du monde du cinéma et de la culture, ont assisté aux obsèques vendredi après-midi au cimetière de la commune de Dourdan, où flottaient de nombreux drapeaux de l'opposition syrienne.

Le cercueil de cette artiste réputée, qui avait quitté son pays après une brève détention en 2013, gagnant la Jordanie, puis la France où elle vivait avec son fils Jude al-Zoabi, était recouvert du drapeau vert-blanc-noir à étoiles rouges.

"Ce sera un lieu de repos temporaire (...) jusqu'à ce que l'on rentre tous dans notre Syrie, démocratique, juste et libre", avait indiqué Jude al-Zoabi il y a quelques jours sur Facebook.

"Je suis sûr que May n'a jamais imaginé où son chemin la mènerait. Elle croyait en ses idées et a emprunté le chemin qui respecte ses principes. Je ne sais pas si elle savait qu'elle allait devoir renoncer à sa carrière artistique et à ses intérêts en Jordanie", a-t-il dit dans son éloge funèbre.

Une femme entière

"May est devenue une star car elle a refusé la gloire. Elle a refusé de gagner de l'argent et de travailler avec des gens qui l'exploitent", a-t-il ajouté.

L'actrice a été retrouvée morte dans la nuit de dimanche à lundi chez elle à Dourdan. Son domicile avait aussitôt été mis sous scellés et une enquête ouverte, mais l'autopsie a conclu à une mort naturelle, due à un anévrisme, a-t-on appris auprès de ses proches.

May Skaf vivait à Dourdan depuis 2015, hébergée dans la ville avec son fils, comme plusieurs autres réfugiés syriens, selon la maire de la ville Maryvonne Boquet.

La Syrie est ravagée par la guerre depuis 2011. Plus de 350.000 personnes ont été tuées depuis 2011 dans ce conflit, qui est devenu plus complexe avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes sur un territoire morcelé.