Joey Starr et Mathilde Seigner : deux fortes têtes pour un conte de fées

Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 17/11/2012 à 12H33
Joey Starr et Mathilde Seigner se donnent la réplique dans "Max".

Joey Starr et Mathilde Seigner se donnent la réplique dans "Max".

© Xavier Leoty/PhotoPQR/SudOuest - Patrick James/PhotoPQR/VoixduNord

Joey Starr et Mathilde Seigner se donnant la réplique dans un film ? On se frotte les mains d'avance du choc entre ces deux fortes personnalités. Sauf que "Max" de Stéphanie Murat, attendu sur les écrans le 23 janvier 2013, n'est pas "le choc des titans" mais un conte de fée touchant entre un petit voyou au grand coeur et une fille de joie.

Le film, présenté ces jours-ci en avant-première au festival du film de Sarlat, raconte l'histoire de Maxine, 6 ans, une fillette au fort caractère, qui vit seule avec son père Toni
 (Joey Starr), un marginal au grand coeur. Un jour la fillette, qui a perdu sa mère depuis la naissance, décide d'offrir à son père pour Noël, Rose (Mathilde  Seigner ) rencontrée dans la rue, et va réussir à lui imposer sa présence.

Ce couple improbable, formé par ces deux fortes personnalités que sont Mathilde Seigner et JoeyStarr, va se retrouver contraint de vivre sous le même toit.

"Deux acteurs instinctifs" moins à contre-emploi qu'il n'y paraît
Ce n'est pas par hasard que Stéphanie Murat, qui signe là son deuxième long métrage, a choisi ces deux acteurs. "Ils sont extrêmement instinctifs (...) Je n'avais pas envie de gens lisses
et pas vrais car dans la vie, les gens sont vrais, vivants et ont une gueule", explique la réalisatrice, fille du metteur en scène Bernard Murat.

Le rappeur de NTM a très vite accepté d'interpréter le personnage de Toni "qui tient la vie à bout de bras et" sur qui "l'amour tombe dessus comme un parpaing". "Le caractère social mais pas victime de mon personnage m'a plu ", affirme l'acteur, de son vrai nom Didier Morville, content d'avoir joué le rôle de "quelqu'un de bien" .

Mathilde Seigner,  dit de son côté avoir tout de suite adoré "ce conte de fée chez des gens qui n'ont pas d'argent" mais plein de "poésie et de tendresse".

"Nous sommes très romantiques", assure Mathilde Seigner
Quelques mois après le tournage qu'ils qualifient de "magique", les deux acteurs parlent de "Max" avec un enthousiasme communicatif .

"Nous sommes tous les deux très, très fragiles. Comme moi, il est très romantique et rebelle mais on a aussi une part en nous très romantique qu'on n'exploite pas", souligne Mathilde  Seigner.  Contrairement à l'image que les deux acteurs dégagent, "nous ne sommes pas du tout à "contre emploi" dans ce film, souligne l'actrice, souvent cantonnée à des rôles moins féminins et peu romantiques.

Dans "Max", ils se montrent successivement attachants, drôles et émouvants. Un résultat dont se réjouit la réalisatrice qui a fait le pari de "ne pas laisser les gens à leur place. Y en a marre qu'on dise que Didier et Mathilde ont une grande gueule". "J'aimais les deux pour des raisons différentes et j'avais envie de vivre ça avec eux", explique-t-elle, tout en se félicitant de s'être "fiée à (s)es instincts".

"Je suis contente aujourd'hui car je ne me suis pas trompée, je les trouve merveilleux, beaux et fidèles", souligne Stéphanie Murat.

Jean-Pierre Marielle en "dealer de poulets"
Jean-Pierre Marielle, qui interprète, Nick, le compère de Toni, complète très bien ce duo. Pour la réalisatrice, il était important d'avoir un septuagénaire car "c'est aussi un film sur la transmission".

Pour écrire son rôle, la scénariste dit avoir beaucoup pensé à tous les acteurs des années Jean-Paul Belmondo, Philippe de Broca, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle qui, à leur sortie du conservatoire, "n'étaient que dans la jubilation de faire des blagues dans leur vie, et j'ai vraiment été élevée là dedans".

Jean-Pierre Marielle se retrouve ainsi en train de dealer des poulets auprès d'enfants de 8 ans, ou Didier en train de braquer du foie gras dans un supermarché avec un pistolet en plastique. Du coup, "c'était extrêmement jouissif pour nous d'écrire ça", raconte la coscénariste, encore amusée.