Harvey Weinstein inculpé d'agression sexuelle sur une troisième femme

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Classique de Culturebox

Mis à jour le 03/07/2018 à 10H14, publié le 02/07/2018 à 19H20
Harvey Weinstein le 2 juillet 2018

Harvey Weinstein le 2 juillet 2018

© SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le dossier criminel contre Harvey Weinstein s'est alourdi le 2 juillet : l'ex-producteur de cinéma devenu le catalyseur du mouvement #MeToo est désormais inculpé d'agressions sexuelles sur trois femmes différentes. Prochaine audience : le 9 juillet. Weinstein plaidera non coupable, selon son avocat.

Le procureur de Manhattan Cyrus Vance a annoncé que le producteur, déjà inculpé fin mai pour un viol présumé remontant à 2013 et une fellation forcée remontant à 2004, faisait désormais l'objet d'une nouvelle inculpation pour un "acte sexuel forcé" sur une troisième femme, remontant au 10 juillet 2006.

Une nouvelle agression, trois nouveaux chefs d'accusation

Cette nouvelle agression a donné lieu à trois nouveaux chefs d'accusation, punissables d'une peine minimum de 10 ans de prison et d'une peine maximum de perpétuité, a précisé le procureur dans un communiqué. Il n'a donné aucun détail sur l'identité de cette troisième victime supposée. Il a simplement indiqué que l'ensemble du dossier résultait du "courage extraordinaire des victimes qui sont sorties du silence" et appelé d'autres victimes éventuelles du producteur déchu à se manifester.

Weinstein plaidera non coupable lors de l'audience du 9 juillet

Par la voix de son avocat Ben Brafman, un ténor du barreau new-yorkais, le producteur a de nouveau affirmé que chacune de ces relations sexuelles était "consentie" : "M. Weinstein maintient que toutes ces accusations sont fausses et s'attend à ce que la justice lui donne pleinement raison", a indiqué l'avocat dans un communiqué. Il a ajouté que son client plaiderait non coupable lors de l'audience où lui sera signifiée formellement cette nouvelle inculpation, prévue le 9 juillet.

Le mouvement anti-harcèlement #MeToo

Après sa première inculpation fin mai, Weinstein, 66 ans, avait plaidé non coupable. Multi-oscarisé et longtemps l'un des producteurs les plus courtisés d'Hollywood avant d'être présenté comme l'un des plus dangereux prédateurs sexuels que l'Amérique moderne ait connus, Harvey Weinstein avait été remis en liberté moyennant un million de dollars de caution. Il doit aussi porter un bracelet électronique et rester dans les États de New York et du Connecticut.

Au-delà de ces inculpations, près d'une centaine de femmes - dont des stars comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek - ont affirmé depuis octobre avoir été harcelées ou abusées sexuellement par le producteur. Des faits présumés étalés sur plusieurs décennies. Plusieurs femmes ont reconnu avoir touché de l'argent en échange de leur silence sur ces agressions. Les révélations sur Harvey Weinstein ont déclenché le mouvement anti-harcèlement #MeToo, qui a fait chuter des dizaines d'hommes de pouvoir accusés d'abus sexuels dans tous les milieux et continue aujourd'hui encore à secouer les Etats-Unis.

Harvey Weinstein, père de cinq enfants, séparé depuis le début du scandale de sa femme Georgina Chapman, fait également l'objet d'enquêtes criminelles à Los Angeles et Londres et est poursuivi au civil par une dizaine de femmes. New York est la seule juridiction où il a été formellement inculpé à ce stade.