Harcèlement sexuel : après l'affaire Weinstein, le monde de la culture aux Etats-Unis éclaboussé

Mis à jour le 26/10/2017 à 12H00, publié le 26/10/2017 à 11H59
Harvey Weinstein, à Cannes en mai 2015

Harvey Weinstein, à Cannes en mai 2015

© BERTRAND LANGLOIS / AFP

Cinéma, mode, édition, médias... Les dénonciations de harcèlement ou d'agressions sexuelles n'ont jamais été aussi nombreuses, précipitant le départ d'un nombre croissant d'agresseurs présumés. Voici le résumé des principaux secteurs de la culture touchés aux Etats-Unis.

Cinéma

Dans ce secteur où Harvey Weinstein était tout-puissant, les témoignages ont explosé depuis les premières révélations début octobre. Une cinquantaine de femmes - des actrices connues mais aussi beaucoup d'inconnues - ont décrit le producteur multi-oscarisé, débarqué le 8 octobre, comme un prédateur sexuel maladif, et la liste continue à s'allonger: une actrice norvégienne l'a accusé mercredi de l'avoir violée dans un hôtel de Londres en 2008.

D'autres réalisateurs ou producteurs ont depuis été publiquement accusés, comme Roy Price, le patron des studios d'Amazon, qui a démissionné, ou le réalisateur James Toback. La star de la pop islandaise Björk a raconté avoir été harcelée par un "réalisateur danois", sans le nommer.

Musique

Le bassiste du rockeur gothique Marilyn Manson a été renvoyé mardi soir après avoir été accusé par son ex-petite amie, Jessicka Addams, également une rockeuse, de l'avoir violée dans les années 1990. Elle a dénoncé l'industrie de la musique, affirmant que son label l'avait poussée à ne rien dire de peur que la "machine derrière Manson" ne la détruise, elle et son groupe.

Mode

La mannequin américaine Cameron Russell a appelé la semaine dernière ses collègues à raconter les abus dont elles avaient été victimes sur son compte Instagram, suscitant une avalanche de réponses.
 

A few years ago I was shooting with another model at a client's corporate headquarters. In the staff kitchen on the required labor law posters, we read the definition of sexual harassment. "This sounds like our job description," I said. We laughed and went back to work. When I got home and looked up the definition online, it was so spot on it felt like someone who knew us...and of course they did. Sexual harassment is unacceptably commonplace. I sat down to try to make a list of my own experiences. Non consensual kisses, spanks, gropes, and pinches. Failing to provide adequate changing space, shaming in response to requests for adequate changing space. Bullying by editors, photographers, stylists, and clients to go topless or nude. Publishing nudity after contractually agreeing not to. Non consensual massage. Inappropriate emails, text messages, and phone calls. Pressure while underage to consume alcohol. Being directed to "pretend like I'm your boyfriend." Being forced to sleep at the photographer's home rather than provided a hotel. Having my job threatened if I don't participate. Being called difficult, feminist, virgin, diva when speaking up or saying no. Being unclear about boundaries because so many boundaries have been crossed. I loose count. And this is only what's easy to share, what's as commonplace as 9am call times, fittings, and lunch. #myjobshouldnotincludeabuse

Une publication partagée par Cameron Russell (@cameronrussell) le


Qualifié dimanche de "Weinstein de la mode" par le journal britannique The Sunday Times, le photographe de mode américain Terry Richardson, connu dans le monde entier pour ses photos provocantes, et soupçonné depuis longtemps d'exploiter sexuellement ses mannequins, s'est vu rapidement banni par de grands noms du secteur : d'abord le groupe Condé Nast, propriétaire des magazines Vogue ou Vanity Fair, puis Valentino, Bulgari et Diesel.

"Toutes les personnes ayant travaillé avec Terry Richardson" devraient "rendre des comptes", pour comprendre "les raisons pour lesquelles elles ont décidé d'ignorer ses horribles agissements", a réagi le designer new-yorkais Prabal Gurung.

Médias

En 2016, bien avant l'affaire Weinstein, le président de la chaîne Fox News, Roger Ailes, avait démissionné après de multiples accusations de harcèlement sexuel, suivi par son présentateur vedette Bill O'Reilly en avril 2017. Le New York Times a révélé récemment que Bill O'Reilly avait payé 32 millions de dollars à une employée qui voulait l'attaquer en justice. Depuis l'affaire Weinstein, Leon Wieseltier, philosophe et ex-éditeur du magazine The New Republic, a lui aussi été accusé. Il s'est excusé publiquement mardi, et un projet de magazine qu'il devait lancer a été abandonné. 

L'éditeur de l'influent magazine d'art Artforum, Knight Landesman, a lui démissionné mercredi, après que neuf femmes eurent porté plainte contre lui au civil pour harcèlement sexuel, selon le New York Times. 

Gastronomie

Des accusations commencent à émerger dans ce secteur où les grands chefs sont parfois adulés. John Besh, une institution de La Nouvelle-Orléans qui a participé à de nombreux programmes télévisés, a démissionné lundi après avoir été accusé de harcèlement sexuel. Plusieurs employés de son entreprise, forte de 1.200 salariés et 12 restaurants, ont affirmé avoir été victimes de harcèlement sans pouvoir se plaindre à la direction, même si John Besh a nié toute culture du harcèlement.