Festival du film francophone : "I Feel Good", Jean Dujardin et Yolande Moreau se sentent bien chez Kerven et Delépine

Mis à jour le 24/08/2018 à 17H18, publié le 24/08/2018 à 17H17
Jean Dujardin dans "I Feel Good" de Benoît Delépine et Gustave Kervern

Jean Dujardin dans "I Feel Good" de Benoît Delépine et Gustave Kervern

© Ad Vitam

Benoît Delépine et Gustave Kerven, Grölandais de naissance, ne se quittent plus, signant à quatre mains dix films dont "Mammuth" et "Le Grand soir". Ils embauchent la star Jean Dujardin et Yolande Moreau dans "I Feel Good", présenté en avant-première au Film francophone d’Angoulême, dans la ligne sociale de leur thématique, sur le clash entre le monde de la solidarité et du profit à tout prix

La note Culturebox

3
3/5

Réussir sa vie

C’est en visitant le village Emmaüs de Lescar-Pau (Pyrénées-Atlantiques) que Benoît Delépine et Gustave Kerven ont eu l’idée de "I Feel Good", découvrant ce havre de solidarité et une conception architecturale atypique et colorée très photogénique. Ils ont voulu mettre en avant les valeurs dispensées dans cette entreprise philanthropique, initiée par l’Abbé Pierre où, contre un petit job, s’échangent une petite rémunération, le gîte et le couvert.
"I Feel Good" : trois bandes annonces
Looser impénitent, Jacques (Jean Dujardin) s’échappe sans payer d’un centre de thalasso pour se réfugier au village Emmaüs de Lescar-Pau que dirige sa sœur Monique (Yolande Moreau). Elle l’"embauche", mais lui n’a qu’une idée en tête : construire son entreprise consistant à offrir contre rémunération une chirurgie plastique à des "gens simples" afin qu’ils réussissent leur vie…

Jean Dujardin inattendu

On retrouve dans "I Feel Good" tout ce qui fait le cinéma de Kerven et Delépine. Des personnages issus d’un milieu modeste, leurs déboires avec l’administration et une société fondée sur le profit, un esprit de solidarité, avec un ton de comédie, un humour ravageur et militant, comme s’ils avaient (ré)inventé la comédie sociale.
Jean Dujardin dans "I Feel Good" de Gustave Kerven et Benoît Delépine

Jean Dujardin dans "I Feel Good" de Gustave Kerven et Benoît Delépine

© Ad Vitam
On n’attendait dans un tel film la star Jean Dujardin, plutôt représentatif de personnages sûrs d’eux, sophistiqués et charmeurs. Mais ce sont justement ces caractéristiques qui définissent Jacques, un peu comme OSS 117, investi d’une suffisance, d’une fatuité à toute épreuve, qui en font à la fois un être abject, mais envers lequel s’exerce une certaine tendresse par tant de bêtise déversée. On attend plus Yolande Moreau à la tête du village Emmaüs, où elle est totalement à sa place. Le film enquille une galerie de portraits plus savoureux les uns que les autres, qui constituent la communauté que Dujardin va s’efforcer de convaincre à pratiquer une chirurgie plastique, selon lui, salvatrice de leur destin.

Comme à l’habitude, chez Kerven et Delépine, "I Feel Good" mélange humour et tendresse, au bénéfice d’un message social, où domine la solidarité dans une joyeuse entreprise des sentiments. Humaniste.   
"I Feel Good" : la bande annonce

"I Feel Good" : la bande annonce

© Ad Vitam

LA FICHE

Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Gustave Kerven et Benoît Delépine
Pays : France
Avec : Jean Dujardin, Yolande Moreau, Jean-Benoît Ugeux, Jana Bittnerova, Xaviet Mathieu, Oleg Kupuchik
Durée : 1h43
Sortie : 26 septembre 2018

Synopsis : Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.