Face aux multiplexes, les cinémas indépendants parisiens créent une carte commune

Publié le 19/02/2019 à 17H04
La façade d'un cinéma indépendant parisien

La façade d'un cinéma indépendant parisien

© France 2 Culturebox capture d'écran

Les salles de cinéma parisiennes indépendantes créent la CIP, une carte commune pour répondre aux multiplexes qui drainent 60% de la fréquentation.

On trouve d'un côté les multiplexes, c'est à dire un complexe d'au moins huit salles, et de l'autre les cinémas plus modestes, souvent dans les petites villes mais qui peuvent compter jusqu'à sept salles. Les multiplexes, 219 sur les 2046 cinémas français, drainent à eux seuls 60% de la fréquentation française. Y sont projetés essentiellement des films assurés de faire des entrées. Blockbusters américains et distributions pleines de stars y trouvent leur public. On s'y restaure aussi de pop-corns et de sodas, c'est un cinéma de consommation.

Carte commune

Les indépendants parisiens viennent de se fédérer en créant la CIP, une carte commune. Là, fouiller dans un sac de bonbons ou parler pendant la projection confine quasiment au crime de lèse-cinéma. Dans ces salles, une large place est réservée à la curiosité, qu'elle soit historique avec la projection de films anciens, ou géographique en proposant des oeuvres issues de pays à la cinématographie parfois confidentielle ou réalisées par des cinéastes peu connus et sans vedettes à l'affiche. L'art et essai trouve sa place dans cette catégorie. C'est un cinéma patrimonial ou de découverte artistique. Un cinéma de l'exigence autant que du plaisir.

Reportage Carine Azzopardi

Le choix

Cette séparation entre cinéma de consommation de masse et films au propos ambitieux reste cependant poreuse et, dans les grandes villes, le spectateur a souvent le choix entre le multiplexe et la salle indépendante pour regarder le même Clint Eastwood ou Woody Allen. C'est ainsi que "Vice" d'Adam McKay, par exemple, est à l'affiche des multiplexes aussi bien qu'à celle des salles indépendantes.
Ces dernières ayant souvent réalisé d'importants travaux, le confort y est comparable. Par ailleurs, les exploitants indépendants organisent régulièrement  des événements autour des projections, qu'il s'agisse d'avant-premières ou de rencontres avec des cinéastes. Ces moment conviviaux et cinéphiles ne répondent pas aux seules exigences de la promotion. Le public de ces salles indépendantes y assument aussi le plaisir parfois militant de soutenir une démarche autre que mercantile.

Pas seulement à Paris

La carte CIP (Cinémas Indépendants Parisiens) n'est pas la première à voir le jour pour tenter un front commun face à la déferlante des multiplexes. A Lyon et en Rhône-Alpes, par exemple, le Grac (Groupement Régional d'Actions Cinématographiques) fédère 73 salles dont le Comoedia, l'une des plus fréquentées de la capitale des Gaules.