Le premier cinéma en Arabie Saoudite ouvre ses portes le 18 avril après 35 ans d'interdiction

Publié le 05/04/2018 à 10H55
Festival "Short Film Competition 2" , octobre 2017, King Fahad Culture Ryad

Festival "Short Film Competition 2" , octobre 2017, King Fahad Culture Ryad

© FAYEZ NURELDINE / AFP

Le premier cinéma en Arabie saoudite doit ouvrir à Ryad le 18 avril, quelques mois après la levée de l'interdiction frappant ce secteur depuis plus de trois décennies, ont annoncé mercredi les autorités.

La nouvelle de l'autorisation avait été annoncée fin 2017. Le géant américain AMC Entertainment a été désigné pour l'exploitation des salles. 40 cinémas devraient ouvrir dans 15 villes saoudiennes au cours des cinq prochaines années, selon un média officiel. "AMC prévoit d'ouvrir le premier cinéma du royaume à Ryad le 18 avril", a indiqué dans un communiqué le centre pour la communication internationale du ministère de l'Information.

Un marché à un milliard de dollars

Cette annonce intervient après la signature en décembre d'un partenariat, sous forme de lettre d'intention non contraignante, entre AMC et le Fonds souverain saoudien (PIF) pour la distribution et l'exploitation des salles de cinéma, ainsi que pour l'investissement. "Le marché saoudien est très important, et la majorité de la population (...) est impatiente de regarder ses films préférés ici, chez elle", a affirmé le ministre de l'Information Awwad Alawwad, cité dans le communiqué.

Avec une population de 30 millions d'habitants, dont la majorité a moins de 25 ans, le marché cinématographique saoudien pourrait peser un milliard de dollars par an, selon le PIF. Les Saoudiens dépensent chaque année des milliards de dollars pour aller voir des films et visiter des parcs de loisirs dans les centres touristiques voisins de Dubaï ou Bahreïn, petit pays accessible par un pont.

"Vision 2030" 

Mais AMC ne devrait pas être le seul à en profiter, il devra rivaliser avec d'autres poids lourds, comme VOX Cinemas basé à Dubaï, premier exploitant au Moyen-Orient. La levée de cette interdiction fait partie des vastes réformes engagées dans le cadre d'un plan appelé "Vision 2030" visant à diversifier l'économie encore trop dépendante du pétrole, sous la houlette du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui sera en visite officielle en France les 9 et 10 avril prochains.  

Outre la stimulation d'une industrie cinématographique locale, cette décision confirme la volonté des autorités de faire du secteur du divertissement un élément de transformation sociale dans un pays régi par une version rigoriste de l'islam.