Mostra de Venise : triomphe pour Frears avec "Philomenia"

Par @Culturebox
Publié le 31/08/2013 à 17H59
Le réalisateur britannique Stephen Frears a la Mostra de Venise le 31 aout 2013

Le réalisateur britannique Stephen Frears a la Mostra de Venise le 31 aout 2013

© GABRIEL BOUYS

Le réalisateur britannique Stephen Frears a triomphé samedi à la Mostra de Venise avec "Philomena", en lice pour le Lion d'or et longuement ovationné par la presse, l'histoire d'une Irlandaise à la recherche de l'enfant qui lui a été arraché, campée par l'Anglaise Judi Dench.

Avec "Philomena", histoire vraie de l'Irlandaise Philomena Lee (jouée par Judi Dench, 78 ans) à la recherche de l'enfant qui lui a été arraché quand elle était adolescente, Stephen Frears a arraché aux spectateurs aussi bien les larmes que les rires.

"On a dû mettre de l'humour car l'histoire est tellement triste... Mais j'ai demandé à Stephen de me freiner !" a plaisanté Steve Coogan, venu avec l'équipe du film au complet. L'acteur interprète l'ex-journaliste de la BBC qui accompagne Philomena dans son voyage aux Etats-Unis à la recherche de son fils. Adolescente dans les années 50, Philomena tombe enceinte. Considérée comme "une femme déchue" dans la très catholique Irlande, elle accouche d'un fils, Anthony, au couvent de Roscrea. Il lui sera enlevé pour être adopté par des Américains. Elle gardera le secret pendant 50 ans, avant de se décider à le retrouver.
"Philomena" de Stephen Frears : la bande-annonce
Judi Dench a expliqué avoir rencontré plusieurs fois la vraie Philomena, 80 ans aujourd'hui, "pleine de vie et qui a un grand sens de l'humour". "Son souhait était qu'on lui rende justice. Son histoire devait être racontée. Je ne peux pas m'imaginer comme elle dans de telles circonstances même si je crois en Dieu", a-t-elle dit.

Avec un humour décapant, une sensibilité extrême et des dialogues ciselés, Frears parvient à raconter cette tragédie et à en faire dans le même temps une comédie romantique, créant une vraie osmose entre les deux protagonistes. "J'espère que le pape le verra, c'est un bon type, ça lui ferait du bien non ?" a lancé le réalisateur qui, dans son film, épingle l'institution religieuse mais pas la foi catholique.
"Child of God", une étude de personnage affirme le réalisateur
L'acteur américain James Franco, passé derrière la caméra depuis peu, a lui aussi captivé mais en suscitant l'effroi. "Child of God", c'est l'histoire bouleversante d'un tueur en série nécrophile du Tennessee (Etats-Unis), adaptée d'un roman de Cormac McCarthy. Déficient mental, il est rejeté de tous, isolé dans une cabane au fond des bois.
Lester Ballard est campé par Scott Haze, 25 ans, qui s'est isolé pendant 3 mois dans une grotte pour préparer le rôle. "J'ai essayé de penser à la pitié, j'ai essayé de voir avec ma fiancée quelle partie de moi-même je pouvais retrouver en lui, ce n'est pas un simple malade", a dit l'acteur, qui dans le film parle avec un défaut de prononciation et réalise une performance physique incroyable. "Il y a de la violence mais c'est plutôt une étude de personnage", dit le réalisateur. James Franco déclare s'être inspiré "surtout de Taxi Driver de Martin Scorsese, l'histoire d'un type cinglé qu'on a envie de suivre".

"Night moves" : une réflexion sur les conséquences de l'action politique
"Night moves", titre du film de l'Américaine Kelly Reichardt, cinéaste indépendante plutôt à contre-courant, est aussi le nom d'un bateau qui, bourré d'explosifs par trois défenseurs de l'environnement en révolte contre la société de consommation, va servir à faire exploser un barrage hydraulique. Il met en scène une jeune femme issue de la haute société, Dena (Dakota Fanning), un ancien Marine, Harmon (Peter Sarsgaard) et Josh, un militant environnementaliste solitaire (Jesse Eisenberg). C'est une réflexion sur les conséquences de l'action politique radicale et la façon dont elle peut ruiner la vie d'innocents mais aussi de ceux qui y adhèrent.