La "promotion canapé" n'est pas du "viol" pour l'avocat de Weinstein

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 03/03/2018 à 13H32
Le producteur Harvey Weinstein en juillet 2017

Le producteur Harvey Weinstein en juillet 2017

© Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Si une femme "décide d'avoir des relations sexuelles pour faire avancer sa carrière", cela ne constitue pas un "viol", affirme l'avocat du producteur américain Harvey Weinstein dans une interview publiée samedi.

"La promotion canapé n'a pas été inventée par Harvey Weinstein"

"Si une femme décide qu'elle a besoin d'avoir des relations sexuelles avec un producteur d'Hollywood afin de faire avancer sa carrière, et qu'elle le fait en effet, et qu'elle trouve tout ça dégoûtant, ce n'est pas du viol", déclare Benjamin Brafman dans cette interview publiée dans le quotidien britannique The Times. "Vous avez pris la décision volontaire que vous êtes prêt à faire quelque chose qui est personnellement répugnant dans le but de faire avancer votre carrière", poursuit-il, "ce n'est pas un crime".

"La promotion canapé n'a pas été inventée par Harvey Weinstein", affirme aussi Benjamin Brafman. L'industrie du cinéma avait déjà cette réputation "avant ma naissance", assure-t-il.

"Il n'y avait certainement rien de criminel"

Depuis les premières révélations du New York Times début octobre, plus d'une centaine de femmes, dont des célébrités comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek, ont accusé Harvey Weinstein de les avoir harcelées, agressées ou violées, souvent il y a des années, voire des décennies. Plusieurs victimes présumées l'ont assigné en justice. Le producteur de 65 ans est aussi sous le coup d'enquêtes menées par les polices de New York, Los Angeles et Londres, même s'il n'a fait l'objet d'aucune inculpation jusqu'ici.

Face à ces accusations, qui ont donné naissance au mouvement anti-harcèlement #MeToo, les avocats d'Harvey Weinstein ont toujours démenti qu'il ait eu des rapports sexuels non consentis. En février, Benjamin Brafman --qui avait obtenu l'abandon des poursuites contre Dominique Strauss Kahn dans l'affaire du Sofitel-- a assuré que, "si le comportement de Harvey Weinstein n'a pas été irréprochable, il n'y avait certainement rien de criminel, et à la fin de l'enquête il apparaîtra clairement que Harvey Weinstein a promu plus de femmes à des rôles-clé que tout autre responsable du secteur".

Dimanche, l'académie des Oscars organisera sa cérémonie annuelle sans le puissant producteur, exclu.