Gilets jaunes : Juliette Binoche "comprend les gens qui manifestent"

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 04/02/2019 à 13H57
L'actrice Juliette Binoche, 23 janvier 2019

L'actrice Juliette Binoche, 23 janvier 2019

© Jean-Marc HAEDRICH/SIPA

L'actrice française Juliette Binoche a dit comprendre le mouvement de protestation des "gilets jaunes" dans son pays et critiqué la politique environnementale d'Emmanuel Macron, dans une interview à l'hebdomadaire allemand der Spiegel.

"Je comprends"

"Je comprends les gens qui manifestent, même si j'ai été choquée par les affrontements violents. Mais la grande partie d'entre eux se révoltent parce qu'ils ne peuvent plus vivre de leur salaire", estime la présidente du jury du festival international du film s'ouvrant à Berlin jeudi. Juliette Binoche critique la décision du gouvernement français à l'origine du mouvement de protestation d'augmenter les prix du carburant.

"L'Etat ne peut pas augmenter du jour au lendemain les taxes sur l'essence et le diesel" même si "il est justifié fondamentalement d'en finir avec le diesel", juge-t-elle. "Pour certains +gilets jaunes+, cela se joue vraiment à 10 euros en fin de mois" pour vivre.

Le chef de l'Etat "Emmanuel Macron a assurément ses qualités mais sa politique environnementale n'est pas adaptée à la situation actuelle", estime l'actrice. C'est "la mission du gouvernement d'accompagner et d'anticiper de telles mesures, de prévoir des aides financières et des solutions de transition. Mais ça n'a pas eu lieu", considère-t-elle. 

"Je sais ce que signifient des difficultés financières"

"Je sais ce "que signifient des difficultés financières, je l'ai moi-même vécu au début de ma carrière", précise-t-elle dans cet entretien publié dans le magazine allemand Der Spiegel. Outre sa propre expérience, l'actrice oscarisée en 1997 pour son rôle dans "Le patient anglais" cite celle de sa grand-mère, couturière et cuisinière, mais aussi de ses parents, qui devaient "vivre avec peu". 

Né sur les réseaux sociaux en réaction à des hausses de taxes sur les carburants en novembre, le mouvement des "gilets jaunes" s'est mué en fronde sociale et fiscale, marqué par 12 samedis de manifestations de suite.