Cannes 2018 : "Mandy" avec Nicolas Cage, thriller psychédélique raté et lourdingue

Mis à jour le 19/05/2018 à 23H50, publié le 19/05/2018 à 15H04
Nicolas Cage dans "Mandy"

Nicolas Cage dans "Mandy"

© DR

La Quinzaine des Réalisateurs avait choisi de montrer cette année "Mandy" du réalisateur canadien Panos Cosmatos. Ce thriller psychédélique, ultra référencé et au second degré poussif tente de raconter une histoire de vengeance. Un bûcheron poursuit une secte d'allumés au cerveau détruit par une drogue définitive qui ont carbonisé sa femme. Gore, ridicule et raté.

La note Culturebox

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Le second degré, un peu comme le bonheur selon Claudel, ce n'est pas un but, c'est un moyen. À force de se prendre au sérieux, Panos Cosmatos a dû l'oublier. Il ne suffit pas d'un clin d’œil toutes les vingt minutes pour transformer un plâtras d'effets spéciaux médiocres et répétitifs, d'idées scénaristiques bancales, de musique assourdissante et redondante en un trompe-l’œil complice. "Mandy" a réussi, on ne sait comment, à s'inscrire dans la sélection 2018 de la Quinzaine des Réalisateurs, et c'est peut-être la seule véritable manifestation ici du second degré.
Nicolas Cage en pleine souffrance dans "Mandy"

Nicolas Cage en pleine souffrance dans "Mandy"

© DR
On sait que les choix de Nicolas Cage le conduisent régulièrement au meilleur comme au pire. Pour le meilleur on attendra la prochaine fois. Il est pourtant le seul ici à jouer avec justesse du second degré. Il prend du plaisir à en faire trop, nage souvent en pleine autodérision et accroche parfois à sa face un sourire trop niais pour ne pas être dupe.
La secte dans "Mandy"

La secte dans "Mandy"

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Dans les années 70, le scénario de "Mandy" aurait pu, après dégraissage, donner un bon petit polar pépère signé Michael Winner avec Charles Bronson et quelques cascades quinquagénaires sans esbroufe. Mais Cosmatos n'est pas Winner et avec son film, on se prend à s'interroger : mais qu'est-ce qui se passe sur l'écran ? Regarde-t-on un thriller en pleine perte de contrôle, une série B d'horreur survitaminée ou un film de fin d'études tourné par des potaches sous acide ? Et si c'était tout simplement la plus récente expression d'un genre délicieux, et appelée à ce titre à devenir culte : le bon vieux nanar !
L'affiche de "Mandy"

L'affiche de "Mandy"

© DR

À force de décalitres d'hémoglobine, de têtes qui explosent, de monstres probablement extraterrestres vaincus à la chaîne par le seul Cage, de duels à la tronçonneuse et de vieille nymphomane décapitée, on se surprend à rire. Mais sans doute à rire de soi-même, rire d'avoir cru s'asseoir dans un siège de cinéma alors qu'on prenait place dans le wagon brinquebalant et bricolé à la va-vite d'un train fantôme de fête foraine.
À noter que pour éviter sans doute toute déconvenue publique, "Mandy" sortira dans le courant de l'année directement en DVD.

La fiche

Genre : Thriller ou Horreur
Réalisateur : Panos Cosmatos
Pays : Américain / Belge
Acteurs : Nicolas Cage, Andrea Riseborough
Durée : 2h01
Sortie :courant 2018 en DVD

Synopsis : Pacific Northwest, 1983. Red Miller et Mandy Bloom mènent une existence paisible et empreinte d'amour. Quand leur refuge entouré de pinèdes est sauvagement détruit par les membres d'une secte dirigée par le sadique Jérémie Sand, Red est catapulté dans un voyage fantasmagorique marqué par la vengeance, le sang et le feu...