Mort de Pierre Rissient, cinéphile respecté et découvreur de talents

Mis à jour le 06/05/2018 à 16H02, publié le 06/05/2018 à 16H00
Pierre Rissient en 2005

Pierre Rissient en 2005

© JACQUES DEMARTHON / AFP

Le Festival de Cannes, Clint Eastwood, Martin Scorsese ou Jane Campion lui doivent beaucoup : cinéphile, producteur, programmateur et découvreur de talents, le Français Pierre Rissient est mort à 81 ans, a annoncé dimanche l'Institut Lumière. Né à Paris le 4 août 1936, il était entré au 7e art par la salle obscure, en étant programmateur du mythique cinéma Mac Mahon.

"Pierre Rissient est mort cette nuit. Son épouse Yung Hee me demande de vous le faire savoir et, en pensant à elle, c'est avec une infinie tristesse que j'écris ce message. Pierre était un grand être humain et un cinéphile absolu. Nous le pleurons", a tweeté le réalisateur Bertrand Tavernier, président de cet institut.


"Pierre Rissient a été un super découvreur de cinéastes, d'un flair, d'une curiosité inestimables. Quand il aidait quelqu'un, il le prenait sous son aile et l'aidait à déployer son art. Il a aimé et soutenu le festival de Cannes, j'en témoigne ici avec émotion et tristesse", a réagi Gilles Jacob, ancien délégué général du festival de cinéma.

Inconnu du grand public, Rissient, qui avait l'habitude d'écumer les festivals du monde entier, était un intime de Clint Eastwood, qu'il connaissait depuis le début des années 70. Personnalité incontournable de Cannes, dont il avait été le conseiller artistique, il avait contribué à faire connaître "Mean Streets" (1973), le film qui a lancé la carrière de Martin Scorsese. À partir des années 70, il a fait découvrir au public européen nombre de cinéastes asiatiques, comme Hou Hsiao Hsien, Chen Kaige ou Zhang Yimou. Il a notamment été le producteur exécutif de "La leçon de piano" (Palme d'Or à Cannes en 1993) de la Néo-Zélandaise Jane Campion, dont il avait accompagné les premiers pas.

"Cinq et la peau" projeté au festival de Cannes 2018

Rissient est mort deux jours avant le début du Festival de Cannes. Ironie du sort, le festival avait prévu de projeter cette année un film qu'il avait réalisé en 1980, "Cinq et la peau", dans sa section "Cannes Classics". 
Cinq et la peau de Pierre Rissient : bande-annonce
En 1959, Rissient avait été l'assistant-réalisateur de Jean-Luc Godard pour "À bout de souffle", film symbole de la Nouvelle Vague.