Le réalisateur Kirill Serebrennikov, toujours assigné à résidence à Moscou, ne pourra pas aller à Cannes

Publié le 19/04/2018 à 09H35
Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov au tribunal à Moscou (16 janvier 2018)

Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov au tribunal à Moscou (16 janvier 2018)

© Alexander Zemlianichenko / AP / SIPA

Le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov, dont le film "Leto" ("L'été") concourt pour la Palme d'Or, ne pourra pas se rendre au Festival de Cannes suite à la prolongation mercredi de son assignation à résidence par un tribunal russe.

"L'assignation à résidence de Serebrennikov doit être prolongée jusqu'au 19 juillet 2018", a déclaré le juge Artour Karpov, cité par l'agence publique russe Ria Novosti en satisfaisant ainsi la requête des enquêteurs.
 
Directeur artistique du Centre Gogol, un théâtre contemporain moscovite réputé, Kirill Serebrennikov a été invité à Cannes pour son film "Leto" ("L'été"), retenu dans la course à la Palme d'or qui sera décernée le 19 mai à Cannes.
 
En Russie, Kirill Serebrennikov est visé par une affaire de détournement de fonds publics qu'il dénonce comme "absurde". Assigné à résidence depuis août dernier dans l'attente de son procès, Kirill Serebrennikov a reçu le soutien de nombreuses personnalités artistiques russes et étrangères.

Ses œuvres critiquées par les orthodoxes et les autorités

La première de son ballet "Noureev", consacré au danseur étoile soviétique passé à l'ouest en 1961, a été jouée en décembre au Bolchoï en son absence.
 
Metteur en scène reconnu en Europe et réalisateur de films présentés aux festivals de Cannes et Venise, il a été arrêté dans la nuit du 21 au 22 août alors qu'il se trouvait en plein tournage à Saint-Pétersbourg et qu'il devait monter un opéra à Stuttgart, en Allemagne. Il a ensuite été assigné à résidence à Moscou. Ses biens ont été saisis par la justice en novembre.
 
Sans s'opposer ouvertement au président Vladimir Poutine, le metteur en scène avait plusieurs fois critiqué les pressions croissantes exercées sur la création artistique motivées par la défense de valeurs conservatrices. Ses oeuvres, abordant des thèmes comme la politique, la religion ou la sexualité, ont été régulièrement critiquées par les militants orthodoxes ou les autorités.