Le "Don Quichotte" de Terry Gilliam en clôture du Festival de Cannes : la polémique n'est pas éteinte

Mis à jour le 24/04/2018 à 18H03, publié le 24/04/2018 à 15H12
Adam Driver et Jonathan Pryce dans "L'homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam.

Adam Driver et Jonathan Pryce dans "L'homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam.

© Diego Lopez Calvin

La projection en clôture du Festival de Cannes de "L'homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam est "une tentative de passage en force", a dénoncé le 24 avril l'avocat du producteur Paulo Branco, en conflit depuis des mois avec l'ancien Monthy Python. Le film doit sortir sur les écrans français le 19 mai, le même jour que sa projection au Festival de Cannes.

"C'est une tentative de passage en force dont Thierry Frémaux (le délégué général du festival) se rend complice", a déclaré à l'AFP Me Juan Branco, qui n'exclut pas d'entamer de nouvelles démarches "dans les jours qui viennent". "On va se retrouver avec une séance de clôture qui risque d'être annulée", a-t-il dit.

Contentieux juridique avec le producteur Paulo Branco

Le film n'avait pas, à ce jour, de visa d'exploitation, selon les données du Centre national du cinéma disponibles le 24 avril, ce qui ne l'empêche pas d'être montré dans le cadre d'un festival.
L'HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE Bande Annonce (Terry Gilliam, 2018)
Les droits de "L'homme qui tua Don Quichotte" font l'objet d'un contentieux juridique entre Terry Gilliam et Paulo Branco, le producteur portugais aux 300 films qui lui a acheté en avril 2016 ses droits d'auteur-réalisateur, via sa société Alfama Films basée en France. La cour d'appel de Paris rendra sa décision le 15 juin, après avoir examiné l'affaire début avril. En première instance, en mai 2017, la justice française s'était prononcée en faveur de M. Branco, tout en rejetant la demande du producteur de stopper le tournage en cours.
 
"Les producteurs et les distributeurs rappellent que le contrat qui a lié M. Gilliam et M. Branco a été résilié", avait assuré la semaine dernière le président d'Océans Films Distribution, Philippe Aigle, distributeur du film en France, se félicitant que le film soit projeté à Cannes.

Une "malédiction" qui ne date pas d'hier

Cet épisode judiciaire vient prolonger la "malédiction" qui frappe depuis 18 ans "L'homme qui tua Don Quichotte". En 2000, Terry Gilliam avait dû abandonner le tournage de sa libre adaptation de l'ouvrage de Cervantès, en raison notamment des problèmes de dos de l'acteur Jean Rochefort et de pluies diluviennes. Ce fiasco a fait l'objet d'un documentaire "Lost in La Mancha" (2002).
La bande annonce du documentaire "Lost in La Mancha" sur le tournage chaotique du "Don Quichotte" de Terry Gilliam.