Cannes : Françoise Nyssen sur les marches avec les producteurs de Kirill Serebrennikov, interdit de voyager par Moscou

Publié le 08/05/2018 à 20H05
La ministre de la culture Françoise Nyssen sur le tapis rouge avec Radu Mihaileanu , Charles-Evrard Tchekhoff et Ilya Stewart

La ministre de la culture Françoise Nyssen sur le tapis rouge avec Radu Mihaileanu , Charles-Evrard Tchekhoff et Ilya Stewart

© Alberto PIZZOLI / AFP

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a monté les marches du Festival de Cannes avec les producteurs du film du réalisateur russe Kirill Serebrennikov, interdit de voyager par Moscou et qui ne devrait pas pouvoir défendre son film mercredi soir.

"C'est un combat que je mène", a déclaré quelques instants plus tôt la ministre à l'AFP, au sujet des absences annoncées du réalisateur russe mais aussi du cinéaste iranien Jafar Panahi, tous les deux en lice pour la Palme d'or.

"Leur présence est nécessaire"

"Leur présence est nécessaire, elle devrait être effective, et nous ne pouvons que manifester notre opprobre forte par rapport à cette situation, et notre inquiétude", a déclaré la ministre, à Cannes mardi après-midi, lors d'un événement organisé par la Quinzaine des réalisateurs, l'une des sections du Festival de Cannes, dans le quartier cannois de la Bocca.

C'est dans le cadre de ce soutien à la présence des deux réalisateurs que Mme Nyssen a annoncé sa volonté de monter le tapis rouge en compagnie de Charles-Evrard Tchekhoff et Ilya Stewart, producteurs du film "Leto". Jafar Panahi, Ours d'or à Berlin pour "Taxi Téhéran", son précédent film, est en compétition à Cannes avec "Se Rokh (3 visages)". Comme Serebrennikov, il est interdit de sortie du territoire par son pays, l'Iran.

Lundi, lors d'une conférence de presse, le délégué général du festival n'avait pas caché son pessimisme quant à la présence des deux réalisateurs à Cannes: "Je ne suis pas très optimiste, pourtant l'ironie veut que ces deux films-là ne sont pas des films politiques, ce sont des films d'artistes", avait plaidé Thierry Frémaux. Montrer en festival les films de réalisateurs iraniens sous surveillance est utile pour eux "en tant que cinéastes" même si cela n'a pas forcément d'incidence sur leur "situation personnelle", a pour sa part indiqué à l'AFP Asghar Farhadi.