Cannes 2018 : "L'homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam sera bien diffusé en clôture

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/05/2018 à 18H47, publié le 07/05/2018 à 17H27
"L'Homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam (ici les acteurs Adam Driver et Jonathan Pryce).

"L'Homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam (ici les acteurs Adam Driver et Jonathan Pryce).

© Diego Lopez Calvin

Nouveau rebondissement dans l'imbroglio autour du film de Terry Gilliam, "L'homme qui tua Don Quichotte". Il sera bien projeté en clôture du 71e festival de Cannes, le 19 mai. Le Tribunal de grande instance de Paris a donné son aval à cette projection. Parallèlement, le CNC (Centre national du cinéma) a donné son feu vert pour sa sortie en salles en France le même jour, le 19 mai.

Paulo Branco débouté par la justice

"L'homme qui tua Don Quichotte", de l'ex-Monty Python Terry Gilliam pourra bien être projeté en clôture du Festival de Cannes le 19 mai, a annoncé mercredi le délégué général du festival Thierry Frémaux. "Paulo Branco est débouté par la justice de sa demande d'interdiction. +The Man Who Killed Don Quixote+ sera bien projeté en clôture du 71e Festival de Cannes! Et Terry Gilliam sera là. Faisons de cette victoire une belle fête", s'est félicité le Festival de Cannes sur son compte Twitter.

La justice française avait été saisie en référé par le producteur portugais Paulo Branco qui, estimant avoir les droits sur ce film avec sa société Alfama Films, réclamait une interdiction de cette projection. Océan Films, distributeur du film en France, a confirmé que cette projection pourrait bien avoir lieu à Cannes.

Le Festival devra "diffuser à ses frais" avant la projection un "avertissement à l'attention du public, sous forme écrite projetée sur l'écran avant le début du film". Avertissement devant comporter ce message: "La projection du film The man who killed Don Quixote lors de cette séance de clôture du festival International du film ne préjuge en rien des droits revendiqués" par Alfama, "qui font l'objet de procédures judiciaires en cours".
 

La bataille juridique n'est pas terminée

Le producteur Paulo Branco, présent à Cannes, a pour sa part affirmé lors d'une conférence de presse que cette décision lui donnait malgré tout raison sur le fond. "Le film peut être projeté mais le festival doit informer tout le monde que cela n'infirme en rien les décisions judiciaires précédentes d'octroyer les droits à Alfama. Il s'agit donc d'une autorisation exceptionnelle", a-t-il estimé, qualifiant ce jugement de "victoire".

La bataille juridique est en effet loin d'être terminée. Pour M. Branco l'ordonnance prise mercredi ne règle pas "le fond" du litige qui l'oppose à Terry Gilliam, ses producteurs (Kinology, Tornasol) et son diffuseur (Océans Films). Saisie sur le fond, la justice française rendra un jugement en appel le 15 juin.

Paulo Branco a acheté les droits d'auteur-réalisateur du film en avril 2016. Mais, à la suite de différents désaccords artistiques et financiers avec M. Branco, le cinéaste britannique Terry Gilliam s'était tourné vers d'autres producteurs dont Kinology. C'est avec ces producteurs qu'il a finalement réalisé son film entre mars et juin 2017 pour 16,3 millions d'euros, mettant fin croyait-il, à vingt ans de malédiction d'un film tourné dans des conditions dantesques il y a 20 ans et resté inachevé jusqu'en 2017.

Le CNC a autorisé la sortie du film en salles

Parallèlement à sa projection prévue à Cannes, le film a obtenu jeudi le feu vert pour sa sortie en salles en France le 19 mai, a indiqué le CNC (Centre national du cinéma).

"Après avis de la Commission de classification, un visa +tout public+ a été attribué ce jour au film de Terry Gilliam +L'Homme qui tua Don Quichotte+", a indiqué le CNC dans un communiqué.

Cette décision "a confirmé qu'il serait disproportionné d'empêcher la diffusion de l'oeuvre" en raison du différend qui oppose Terry Gilliam et le producteur Paulo Branco, a estimé le CNC.

Le producteur Paulo Branco a annoncé jeudi soir qu'il allait contester en justice la sortie du film en salles.