71e Festival de Cannes : Godard, Matteo Garrone et Spike Lee en compétition

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 12/04/2018 à 16H16, publié le 12/04/2018 à 12H04
Thierry Frémaux et Pierre Lescure, conférence de presse Festival de Cannes 2018

Thierry Frémaux et Pierre Lescure, conférence de presse Festival de Cannes 2018

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Les organisateurs du Festival de Cannes ont annoncé la sélection de la 71e édition, qui se déroulera du 8 au 19 mai. Jean-Luc Godard, Matteo Garrone, Spike Lee seront en compétition, avec une forte présence asiatique, ainsi que celle du Liban et de l'Egypte. Beaucoup de nouveaux noms apparaissent dans une programmation rajeunie, alors que quelques titres sont encore en attente.

Quelque 1906 films ont été visionnés par les trois comités de sélection, pour une cinquantaine de long métrages retenus. Un chiffre chaque année en hausse, montrant la vitalité du cinéma et du désir cinématographique dans le monde, a souligné Thierry Frémaux, avec toujours plus de pays qui frappent à la porte du festival.

Le réalisateurs franco-suisse Jean-Luc Godard, avec "Le Livre d'image", l'Italien Matteo Garrone avec "Dogman" ou l'Américain Spike Lee avec "BlacKKKlansman" seront cette année en compétition au Festival de Cannes, ont annoncé jeudi les organisateurs. 

Les Français Stéphane Brizé ("La Loi du marché") avec "En guerre" où il retrouve Vincent Lindon ; Christophe Honoré avec "Plaire, aimer et courir vite" et Eva Husson avec "Les Filles du soleil" sont les trois films français pour le moment en lice  pour la Palme d'or. Le polonais Pawel Pawlokowski, réalisateur du remarqué "Ida" (Oscar du meilleur film étranger en 2014), sera présent avec "Cold War".
"En guerre" : la bande annonce
A leurs côtés, l'Américain David Robert Mitchell avec "Under the Silver Lake", le Chinois Jia Zhangke avec "Ash is Purest White", le Japonais Hirokazu Kore-Eda avec "Shoplifters" ou  l'Iranien Jafar Panahi avec "Three faces" seront également dans les rangs du 8 au 19 mai.

Mais l'on retiendra l'arrivée de la Libanaise Nadine Labaki avec "Caphanaüm" où la vie quotidienne à Beyrouth est au coeur du film. "Yomeddine" de A. B. Shawki marque également l'arrivée de l'Egypte dans la compétition.

L'Iranien Panahi et le Russe Serebrennikov invités au Festival de Cannes

Le Festival de Cannes a invité jeudi le cinéaste dissident iranien Jafar Panahi et le metteur en scène russe assigné à résidence à Moscou Kirill Serebrennikov à venir à la prochaine édition en mai pour présenter leurs films en compétition.
 
Les autorités iraniennes "recevront une lettre de notre part et des autorités françaises pour autoriser Jafar Panahi à quitter le territoire, à présenter son travail et pouvoir rentrer dans son pays", a annoncé le délégué général du festival Thierry Frémaux. Le cinéaste russe est également invité pour son film "Leto" sur la culture rock en Russie sous l'ère Brejniev, comme signe de dissidence.

Intitulé "Three Faces" (Trois visages), le film de M. Panahi est en sélection, alors que ce réalisateur est interdit de travailler dans son pays. Couronné en 2015 par l'Ours d'or à Berlin pour "Taxi Téhéran", filmé à l'intérieur d'un taxi, le cinéaste iranien est l'un des réalisateurs les plus influents de la nouvelle vague iranienne.

Le film de Terry Gilliam bloqué par une procédure judiciaire

La compétition s'annonce assez politique dans les thèmes abordés et renouvelée avec des réalisateurs méconnus et peu habitués de la Croisette. De fait peu de grandes stars fouleront le tapis rouge, sinon le couple star Penelope Cruz et Javier Bardem, en compétition et en ouverture avec "Everybody Knows", de l'Iranien Ashgar Fahradi.
Andrew Garfield ("The Social Network", "Silence") portera "Under the Silver Lake" de l'Américain David Robert Mitchell ("It Follows"). Marion Cotillard défendra "Gueule d'ange" de Vanessa Filo, en lice dans la section Un certain regard.

Parmi les films attendus, mais finalement absents, figurent "L'homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam, bloqué par une procédure judiciaire, et aussi ceux produits par Netflix, dont la vocation à ne pas être distribués en salles est contraire au règlement du festival.

Le nouveau film de Lars von Trier, "The House that Jack Built" (avec Matt Damon et Bruno Ganz), qui circulait avant la conférence, ne figure pas dans la liste. Mais Thierry Frémaux a laissé en suspens la question, le film n'étant sans doute pas totalement finalisé. Même chose pour Claire Denis, dont on attendait son premier film de science-fiction, "High Life", avec Robert Pattison et Patricia Arquette, qui serait toujours sur la table de montage.

LES FILMS EN COMPETITION

- "Todos lo Saben", d'Asghar Farhadi
- "En Guerre", de Stéphane Brizé
- "Dogman", de Matteo Garrone
- "Le Livre d'image", de Jean-Luc Godard
- "Netemo Sametemo", de Ryusuke Hamaguchi
- "Plaire, aimer et courir vite", de Christophe Honoré
- "Les Filles du soleil", d'Eva Husson
- "Ash is Purest White", de Jia Zhang-Ke
- "Shoplifters", de Kore-Eda Hirozaku
- "Capharnaüm", de Nadine Labaki
- "Buh-ning", de Lee Chang-Dong
- "Blackkklansman", de Spike Lee
- "Under The Silver Lake, de David Robert Mitchell
- "Three Faces", de Jafar Panahi
- "Zimna Wojna", de Pawel Pawlikowski
- "Lazzaro Felice", d'Alice Rohrwacher
- "Yomeddine", d'A.B. Shawky
- "Leto", de Kirill Serebrennikov.

Le séisme Weinstein

Thierry Frémaux a souligné que le Festival de Cannes n'avait pour vocation de mettre à plat l'après-affaire Weinstein. Mais il est évident que la place des femmes sera attentivement scrutée au cours de cette 71e édition, présidée par l'actrice australienne Cate Blanchett, figure de proue de la lutte contre le harcèlement sexuel.

Ainsi la question sera évoquée au cours du festival,  avec l'invitation de personnalités et d'associaitions concernées par cette problématique.

L'affaire des selfies (suite...)

Curieusement, l'annonce de l'interdiction des selfies lors de la traditionnelle montée des marche a engendré beaucoup de commentaires et plusieurs remarques lors de la conférence de présentation de cette sélection officielle. Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont réaffirmé leur décision, en raison du désordre et du retard que la pratique entrainait dans l'organisation de chaque soirée de gala. Mais aussi pour l'inélégance du geste et le "mépris" que cela entrainait pour le public qui n'avait pas le privilège de se trouver sur le tapis.

Il a été précisé que toute personne ne se pliant pas à la règle, serait manu-militari expulsée des marches... sauf les stars qui ne résisteraient pas à l'appel de l'"egoportrait", selon la dénomination québécoise.