Cannes 2018 : "Yomeddine", premier film égyptien un peu convenu en compétition

Par @Culturebox
Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 10/05/2018 à 09H48
Rady Gamal et Ahmed Abdelhafiz dans "Yomeddine" d'Abu Bakr Shawky

Rady Gamal et Ahmed Abdelhafiz dans "Yomeddine" d'Abu Bakr Shawky

© Le Pacte

Premier long-métrage de l’Égyptien Abu Bakr Shawky, "Yomeddine" est sélectionné en compétition officielle. Ce n’est pas la première fois que la prouesse se produit ("Sexe, mensonges et vidéo" de Steven Sodderbergh, Palme d’or 1989). Le jeune cinéaste réalise un drame teinté de comédie sur le voyage d’un lépreux et d’un jeune garçon sur les routes d'Egypte, sous la forme d’un récit initiatique.

La note Culturebox

3
3/5

Inspiré d’un documentaire

Beshay, lépreux aujourd’hui guéri, n’a jamais quitté sa léproserie dans le désert égyptien, où l’a abandonné son père. Après la disparition de son épouse, il décide de partir à la recherche de ses racines, ses pauvres possessions entassées sur une charrette tirée par son âne. Il est rejoint par un orphelin nubien qu’il a pris sous son aile, et va traverser l’Egypte, affronter ses maux et ses instants de grâce dans la quête d’une famille, d’un foyer, d’un peu d’humanité…
"Yomeddine" : la bande annonce
Avec "Yomeddine", Abu Bakr Shawky aborde de manière fictionnelle la place des lépreux dans la société égyptienne. Un sujet sur lequel le cinéaste égyptien avait déjà travaillé à l'occasion du documentaire "The Colony", tourné au sein de la léproserie d'Abu Zaabal. D'une manière romancée, "Yomeddine" raconte les destins croisés des malades qu'Abu Bakr Shawky a rencontré lors de son séjour dans cette colonie de marginaux.
Rady Gamal et Ahmed Abdelhafiz dans "Yomeddine" d'Abu Bakr Shawky

Rady Gamal et Ahmed Abdelhafiz dans "Yomeddine" d'Abu Bakr Shawky

© Le Pacte

Inégal

Histoire touchante, conte initiatique, sur un sujet qui se prêtait à un déferlement d’émotions, "Yomeddine" évite l’écueil d’un lyrisme envahissant. Mais c’est curieusement l’effet inverse qui se produit. Est-ce le jeu approximatif des acteurs non professionnels ? Leur direction par le réalisateur ? Une mise en scène un peu mollassonne ? On reste à distance de l'histoire de cet homme marqué par la vie, qui recueille un petit orphelin, alors qu'il a été lui même abandonné par son père, vers lequel il part en quête. Une pirouette un peu lourde sur la recherche de paternité, mais qui se conclura sur la découverte de l’indépendance.

Comme dans toute initiation c’est le parcours qui compte plus que le but. Aussi est-ce là le meilleur du film, même si plus d’une situation est convenue, attendue (les déboires avec la police, le vol, les retrouvailles, la résolution…). Toutefois, la rencontre avec le faux fondamentaliste en prison, et surtout celle avec un groupe d’abimés de la vie, aux handicaps divers, sont des plus savoureuses. Inégal, "Yomeddine" manque de corps, mais reste un joli film au message positif.
"Yomeddine" : l'affiche

"Yomeddine" : l'affiche

© Le Pacte

LA FICHE

Genre : Drame  / Comédie
Réalisateur : Abu Bakr Shawky
Pays : Egypte / Etats-Unis / Autriche
Acteurs : Rady Gamal, Ahmed Abdelhafiz, Shahira Fahmy 
Durée : 1h37
Sortie : Prochainement

Synopsis : Beshay, lépreux aujourd’hui guéri, n’avait jamais quitté depuis l’enfance sa léproserie, dans le désert égyptien. Après la disparition de son épouse, il décide pour la première fois de partir à la recherche de ses racines, ses pauvres possessions entassées sur une charrette tirée par son âne. Vite rejoint par un orphelin nubien qu’il a pris sous son aile, il va traverser l’Egypte et affronter ainsi le Monde avec ses maux et ses instants de grâce dans la quête d’une famille, d’un foyer, d’un peu d’humanité…