Cannes 2018 : "Plaire, aimer et courir vite", un Christophe Honoré inspiré

Par @Culturebox
Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 14/05/2018 à 17H17, publié le 11/05/2018 à 09H59
Vincent Lacoste et Pierre Deladonchamps dans "Plaire, aimer et courir vite" de Christophe Honoré

Vincent Lacoste et Pierre Deladonchamps dans "Plaire, aimer et courir vite" de Christophe Honoré

© Ad Vitam

"Plaire, aimer et courir vite" marque la quatrième présence de Christophe Honoré en sélection officielle, après "Les Chansons d’amour", "Les Bien-aimés" et "17 fois Cécile Cassard", prix Un certain regard en 2002. Il est également venu à la Quinzaine des réalisateurs avec "Dans Paris". Il met dans la course cette année "Plaire, aimer et courir vite", une histoire d'amour gay mouvementée.

La note Culturebox

4
4/5

Romanesque

Christophe Honoré est donc un fidèle de la Croisette et a été sélectionné dans de nombreux autres festivals, aux César ou pour le Prix Louis Delluc. Romancier, dramaturge chevronné passé au cinéma, sa filmographie reflète un talent romanesque qui privilégie les sentiments, mêlé à un amour pour la musique et la chanson, en particulier avec son complice Alex Beaupain.
"Plaire, aime et courir vite" : la bande annonce
Un talent renouvelé dans "Plaire, aimer et courir vite", sans toutefois la présence d’Alex Beaupain, remplacé par une compilation musicale majoritairement chantée, issue du répertoire. Pour le reste, tout y est. Dans cette rencontre entre un étudiant de Rennes et un écrivain des plus parisiens. Tous deux multiplient les relations sentimentales et/ou sexuelles, puis se rapprochent jusqu’à fusionner, jusqu'aux dernières limites…

Sexe et sentiments

Les racines littéraires de Christophe Honoré se reflètent dans sa filmographie aux scénarios exigeants, à la dramaturgie et aux dialogues élégants. Pourtant, rien n’est jamais surécrit chez lui, tout participe à une alchimie subtile entre réalisme et fantaisie, avec une mise en images exigeante mais sans esbroufe, et une mise en scène discrète, mais sophistiquée. Comme lors de cet échange téléphonique, où Arthur (Vincent Lacoste) et Jacques (Pierre Deladonchamps) se retrouvent l’un à côté de l’autre sur un lit en poursuivant leur conversation à distance. Beau raccourci sentimental.
Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste et  Denis Podalydès dans "Plaire, aimer et courir vite" de Christophe Honoré

Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste et  Denis Podalydès dans "Plaire, aimer et courir vite" de Christophe Honoré

© Jean-Louis Fernandez / LFP- Les Films Pelléas - Gaumont - France 3
Si les sentiments sont au coeur de "Plaire, aimer et courir vite", il y est beaucoup question de sexe. Une thématique qui ressort sans doute plus dans les films d’amours homosexuels qu’hétérosexuels (porno mis à part…). Un angle délibérément justifié dans le beau monologue de Vincent Lacoste qui met sentiments et sexualité sur le même plan.

L’acteur est par ailleurs remarquable de justesse en étant de tous les plans. Il peut d’ores et déjà postuler pour le prix d’interprétation. A son côté Pierre Deladonchamps et Denis Podalydès sont formidables dans des registres très différents. Arrogant, sensible et blessé pour le premier ; fidèle, effacé, et sacrifié pour le second. Un trio d’exception au bénéfice de l’élégant  Christophe Honoré : émouvant. 

LA FICHE

Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Christophe Honoré   
Pays : France
Acteurs : Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès 
Durée : 2h12
Sortie : 10 mai 2018

Synopsis : 1993. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.