Cannes : Bérénice Bejo reçoit le Prix d’interprétation féminine pour "Le Passé"

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/05/2013 à 21H07, publié le 26/05/2013 à 20H19
Bérénice Bejo, prix d'interprétation féminine pour "Le Passé"

Bérénice Bejo, prix d'interprétation féminine pour "Le Passé"

© AFP / Valérie Hache

Couronnée par un César en 2012 pour son rôle de star du cinéma dans "The Artist", l'actrice franco-argentine Bérénice Bejo a connu une "success story" fulgurante depuis, qui se poursuit avec une récompense à Cannes pour son rôle de mère déchirée dans "Le Passé" d'Asghar Farhadi.

Dans ce drame familial étouffant, l'actrice de 36 ans est Marie, une mère de famille dépassée par une situation compliquée, entre son nouveau compagnon, sa fille révoltée et son mari iranien venu pour divorcer. Le tout sur fond de lourds secrets dont l'Iranien Asghar Farhadi, oscarisé pour "Une séparation", dissèque scène après scène les effets dévastateurs. Jusqu'ici plutôt connue pour ses rôles dans des comédies, Bérénice Béjo connaît un nouveau tournant dans sa carrière avec ce personnage de femme tourmentée, déterminée et en colère, qu'elle interprète avec une forte présence, entre force et fragilité.

Juste après avoir reçu son Prix, Bérénice Bejo a tenu à remercier Asghar Farhadi : "C’est un homme merveilleux, c’est un grand cinéaste, je lui dois beaucoup" a-t-elle confié à Laurent Delahousse, en direct pour le journal de 20h de France 2. 

https://videos.francetv.fr/video/NI_135271@Culture

Prédestinée pour le 7e art
Née le 7 juillet 1976 en Argentine, l'actrice longiligne aux long cheveux bruns et aux yeux noisette est la fille de Miguel Bejo, un réalisateur indépendant qui a travaillé en Argentine dans les années 70. Fuyant la dictature, ses parents s'installent en France alors qu'elle a trois ans. Grâce à son père, elle découvre très jeune la culture cinématographique, et prend des cours de théâtre. Elle effectue ses premières apparitions à l'écran dans des courts métrages puis dans "Les Soeurs Hamlet" (1998) d'Abdelkrim Bahloul. Mais c'est Gérard Jugnot qui la révèle au grand public et lui offre son premier grand rôle dans son film "Meilleur espoir féminin". Elle y interprète la fille rebelle d'un coiffeur de province, qui échappe à l'emprise paternelle en devenant une star de cinéma.
Extrait de "Meilleur espoir féminin"
Nommée aux Césars en 2001 dans la catégorie "meilleur espoir féminin", l'actrice enchaîne ensuite des rôles moins remarqués: aux Etats-Unis dans "Chevalier" (2001) de Brian Helgeland aux côtés d'Heath Ledger et en France sous la direction de Marie-France Pisier ("Comme un avion", 2002), Laurent Bouhnik ("24 heures de la vie d'une femme", 2003) ou Steve Suissa ("Le Grand rôle" en 2004 et "Cavalcade" en 2005). Mais c'est aux côtés de Jean Dujardin dans "OSS 117: Le Caire nid d'espion" de Michel Hazanavicius en 2006 que sa carrière redécolle, dans le registre de la comédie.
Extrait de "OSS 117 : Le Caire, nid d'espions"
Le film d'Asghar Farhadi : "un bijou"
En 2011, c'est à nouveau dans un film de Michel Hazanavicius, son compagnon avec qui elle a deux enfants, que Bérénice Bejo connaît la consécration: "The Artist", le film français le plus primé de l'histoire. Sélectionné au festival de Cannes 2011, le film, hommage au cinéma américain muet, y est récompensé par le prix d'interprétation masculine pour Jean Dujardin. Acheté par des distributeurs du monde entier, "The Artist" entame ensuite une immense carrière internationale, récompensée par trois Golden Globes, six Césars et cinq Oscars, propulsant Bérénice Bejo sur le devant de la scène. L'actrice, qui est aussi nommée aux Oscars et aux Golden Globes, reçoit en 2012 le César de la meilleure actrice pour son rôle de Peppy Miller, jeune étoile pétillante et ambitieuse du cinéma parlant, amoureuse de la star déchue du muet George Valentin.
Extrait de "The Artist"
Dans "Le Passé", Asghar Farhadi lui offre un nouveau grand rôle, dramatique cette fois, qui lui permet de revenir triomphalement à Cannes deux ans après le début de l'aventure de "The Artist". "C'est vrai que quand on sort d'une expérience comme "The Artist", on espère rencontrer un réalisateur qui vous emmène loin", a-t-elle dit. "Quand Asghar m'a choisie j'étais sûre que j'allais vivre une expérience particulière assez forte", a-t-elle ajouté, soulignant avoir reçu le scénario "comme un bijou, un objet inespéré que j'avais beaucoup de chance d'avoir entre les mains".
"Le Passé" : la bande-annonce