Cannes 2018 : le PDG de Netflix regrette l'absence d'un accord avec le Festival

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 04/05/2018 à 15H52, publié le 04/05/2018 à 15H41
Le PDG de Netflix, Reed Hastings, ici en novembre 2017.

Le PDG de Netflix, Reed Hastings, ici en novembre 2017.

© Amy Harris/AP/SIPA

Le PDG de Netflix, Reed Hastings, a confié le 3 mai que la plateforme faisait "parfois des erreurs". En particulier avec le festival de Cannes, où aucun de ses films n'est sélectionné cette année faute d'accord, elle "s'est mise dans une situation délicate".

Contrairement à l'édition 2017, le Festival de Cannes de cette année (8-19 mai) a imposé la nécessité pour les films sélectionnés de sortir en salle en respectant le délai français de diffusion sur une plateforme, de 36 mois.

Netflix boycotte le festival

Netflix a donc décidé de boycotter le festival, même si le poids lourd de l'audiovisuel, fort de 125 millions d'abonnés dans le monde, dit être ouvert à une sortie de ses films dans les salles françaises mais pas à garantir ce délai de 36 mois.

"Nous sommes vus comme des perturbateurs, et parfois nous faisons des erreurs", a reconnu Reed Hastings, fondateur et PDG de Netflix, le 3 mai lors d'une table ronde du festival Series Mania à Lille. "Je pense qu'avec le Festival de Cannes nous nous sommes mis dans une situation plus délicate que ce que nous aurions voulu". "Nous adorons le festival de Cannes, nous y allons depuis de nombreuses années, nous avons encore cette année quelques acheteurs, et le festival veut vraiment trouver un modèle qui fonctionne pour eux et pour nous, et cela va finir par arriver", a-t-il ajouté.

"Nous devons trouver comment travailler dans les règles du système"

L'entrepreneur a assuré que Netflix n'essayait pas "de faire dérailler le système du cinéma". Mais, a-t-il expliqué, "comme nos abonnés financent nos films, on veut qu'ils y aient accès rapidement et pas trois ans plus tard". "Nous traitons nos films comme nos séries, nous les produisons directement pour nos abonnés et ils ne sortent pas en salles", a-t-il dit.

Pour le PDG, les plateformes ne concurrencent pas les salles:  "C'est comme de cuisiner chez soi, ça ne nous empêche pas d'aller parfois au restaurant". Mais, a concédé Reed Hastings, "la régulation est essentielle, et nous devons trouver comment travailler dans les règles du système, c'est notre responsabilité".