Cannes 2018 : "Diamantino", réjouissante comédie sur un faux Ronaldo, emballe la Croisette

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 13/05/2018 à 12H15, publié le 13/05/2018 à 12H10
L'affiche du film "Diamantino" de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt.

L'affiche du film "Diamantino" de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt.

© DR

Icône dans son pays, un joueur de footballeur au look métrosexuel rate un but décisif, perd son entraîneur de père et plonge dans la déprime. Portrait déjanté d'un ersatz de Ronaldo, "Diamantino" de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt a séduit la Croisette.

Un récit siphonné avec l'actualité en toile de fond

Mêlant éléments surréalistes comme ces chiens poilus qui envahissent le terrain avant de marquer, "Diamantino", sélectionné dans la Semaine de la critique, fait le portrait d'un homme en crise tout en parlant de l'actualité, des "Panama Papers" à la montée des extrêmes en Europe en passant par la crise des réfugiés.

C'est d'ailleurs en sauvant des réfugiés sur son yacht que l'idole du foot va décider d'adopter un enfant. Le petit garçon, qui doit le sortir de son marasme, est en fait une jeune femme lesbienne qui enquête pour le fisc. Diamantino (l'acteur Carloto Cotta) n'y voit que du feu. 
Mais la situation provoque l'ire de ses soeurs, des jumelles dignes des pires méchantes de contes de fées, qui vivent à ses crochets. En réponse, elles s'acoquinent avec des extrémistes pour le faire cloner,  créer une super équipe de football et rendre sa grandeur au Portugal...
Dans "Diamantino", une icône du football pris dans la mousse et les poils...

Dans "Diamantino", une icône du football pris dans la mousse et les poils...

© DR

 

"Un miroir de l'insanité de notre réalité politique actuelle"

"Nous souhaitions un personnage principal simple, iconique et charismatique, comme Balthazar dans "Au Hasard Balthazar" de Robert Bresson. Nous désirions mettre en oeuvre un récit politique et schizophrène qui serait le miroir de l'insanité de notre réalité politique actuelle", expliquent les deux réalisateurs, qui ont grandi aux Etats-Unis. Et de revendiquer "un conte de fées noir pour adultes".

Délirant à souhait, le film part dans tous les sens, mais est réjouissant. Il a affiché complet lors de ses deux projections cannoises.
Pour le Français Philippe Rouyer, critique de Positif, il s'agit du "film le plus fou de Cannes. Un mélange de conte de fées et de James Bond". Pour Hollywood Reporter, "Diamantino" est le "film le plus surprenant" de Cannes.

Le football à nouveau sur la Croisette dimanche

Le football s'invitera de nouveau dimanche à Cannes avec une conférence de presse du gardien de but du Real Madrid, le Costaricien Keylor Navas. Il sera dimanche au Marché du film, en marge du Festival, avec la réalisatrice du film "Hombre de fe", qui lui est consacré.