Cannes 2018 : ces élégants policiers qui montent les marches avec les stars

Publié le 10/05/2018 à 19H30
Montée des marches pour la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes, le 8 mai 2018

Montée des marches pour la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes, le 8 mai 2018

© LAURENT EMMANUEL / AFP

Cannes 2018. Soir de cérémonie d’ouverture. Première montée des marches. Sous les spotlights, comédiens, réalisateurs, producteurs et autres stars invitées pour l’occasion. Journalistes, photographes… Qui d’autre ? Regardez bien la photo. Pour accueillir ce beau monde, une haie d’honneur formée par des policiers en tenue d’honneur, justement. Un privilège pour eux et pour la Police Nationale.

8 mai, jour d’ouverture officielle du Festival. Cannes. Croisette. Palais des Festivals. Le périmètre est assez petit, le nombre de badauds indicible, conséquent aussi celui des journalistes et des professionnels arborant un badge et à ce titre prétendant pouvoir s’insérer ici ou là pour ne rien rater de la cérémonie d’ouverture.

Comptez aussi la haie des escabeaux, marchepieds et autres échelles facilitant la vue pour les fans et les photographes postés là depuis (au moins) la matinée. Et puis il y a tout ce monde qui s’agglutine autour. Tout cela fait une grande agitation qu’un dispositif considérable de policiers (comptez pour l’ensemble du festival près 500 effectifs, CRS inclus) est chargé de juguler. Dans un calme admirable, c’est à préciser.

Les policiers en tenue d'honneur sur la Croisette le 8 mai 2018.

Les policiers en tenue d'honneur sur la Croisette le 8 mai 2018.

© Lorenzo Ciavarini Azzi/Culturebox

Gants, casquette et fourragère blancs

En ce 8 mai d’ouverture, dans ce périmètre restreint, la plupart des policiers sont sur leur trente-et-un. Entendez en tenue d’honneur : uniforme bleu, gants, casquette et fourragère blancs. Parmi eux, une grosse vingtaine a le privilège de monter les marches du Festival, et d’y rester pendant deux heures et demi pour créer une haie d’honneur, de part et d’autre du tapis rouge. Leur présence est mythique dans le microcosme festivalier.

Mais que font donc ces policiers sur les marches ? "Forcément, ils ont un rôle de sécurité dès lors qu’ils sont en service", explique leur responsable, le commissaire central du district de Cannes, Christophe Briez, en charge de tout le dispositif policier. "Mais évidemment, c’est pour des raisons honorifiques et de prestige qu’ils sont là". En clair, il s’agit de mettre à l’honneur les policiers cannois pour l’effort qu’ils consentent pendant le festival. Une sorte de compensation pour services rendus.
   
Inutile de préciser que les places sont prisées. Certes l’exercice est fatigant, il faut rester immobile sous le soleil pendant toute la durée de la montée des marches. Mais il n’est pas donné à tout le monde d’apprécier de si près le spectacle médiatique de la montée d’ouverture, avec luxe de stars de cinéma, du jury au complet, mais aussi de stars du showbiz, de mannequins en mission pour une marque, ou de vedettes d’un jour.

L'occasion est rare

L’occasion est appréciable. Et rare : la haie d’honneur n’est réservée qu’à la cérémonie d’ouverture et celle de clôture – seule, à l’occasion du 70e anniversaire du Festival, une 3e haie d’honneur a été imaginée en 2017. 

La sélection ? "Ils sont choisis sur base du volontariat", explique le commissaire Briez. "Certains acceptent d’être exposés sur les marches, sous le feu des caméras du monde, d’autres préfèrent l’anonymat". On ne se battrait donc pas pour y être… Aucun critère de sélection ? "Le seul critère de choix est d’avoir un ensemble uniforme. Pas trop d’écarts, une esthétique dans sa globalité". Et la parité ? Impossible d’éviter la question ces temps-ci. "Nous ne cherchons pas de parité. Mais une représentation de la présence réelle des femmes dans la police, donc autour de 30 %".