Costa-Gavras au festival Confrontation de Perpignan : "Je n'ai pas envie de m'arrêter"

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/04/2018 à 18H02, publié le 12/04/2018 à 16H46
A 85 ans, le cinéaste franco-grec Costa-Gavras poursuit sa volonter de filmer les dessous du pouvoir

A 85 ans, le cinéaste franco-grec Costa-Gavras poursuit sa volonter de filmer les dessous du pouvoir

© Festival Confrontation

Invité dans le cadre du festival Confrontation de Perpignan (10-15 avril 2018), le cinéaste Costa-Gavras a rappelé sa détermination à dénoncer les dessous du pouvoir par la fiction.

Dire, montrer, expliquer les intrigues politiques, depuis 50 ans, Costa-Gavras explore les luttes de pouvoir à travers une filmographie riche et exigeante. A 85 ans, le cinéaste n'a pas dit son dernier mot. S'il est en pleine tournée pour la sortie de son livre, "Va où il est impossible d’aller"(Seuil), son désir de filmer reste toujours intact. Présent au festival Confrontation de Perpignan il dit simplement, "Je n'ai pas envie de m'arrêter". 

Reportage : France 3 : D. Berhault / A. Sabatier / S. Fabre

https://videos.francetv.fr/video/NI_1219019@Culture

Costa-Gavras : le cinéma comme un engagement 

Dès son premier long métrage, "Compartiment tueurs" (1965), Costa-Gavras montre une grande maîtrise dans la mise en scène et la direction d’acteurs. De "Z" en 1969, qui dénonce les crimes de l’extrême-droite et de l’armée en Grèce, à "L’Aveu" en 1970 qui met en scène un procès stalinien en Tchécoslovaquie, il réalise une série de films qui font date dans le cinéma politique, de témoignage et de dénonciation, films souvent basés sur des faits réels. 

Les hommes de l'ombre

S'il n'a jamais baissé la garde sur ses engagements, Costa-Gavras dénonce les manipulations politiques dans les pays du monde entier. La mainmise des États-Unis sur certains pays d’Amérique latine et leur complicité avec des dictatures qu’ils ont contribué à installer est soulignée dans "État de siège" (1973) à propos de l’Uruguay, et "Missing, Porté disparu" (1982) pour le Chili de Pinochet, récompensé par une Palme d'Or à Cannes. "Il y a beaucoup d'hommes d'ombres dans notre société, des conseillers politiques qui font le travail", confie-t-il

Dénoncer les injustices

Toujours prêt à attaquer les systèmes ou les sociétés qui ne font pas de l’humain leur priorité, Costa-Gavras s’insurge contre les dérives d’un capitalisme basé sur une concurrence sauvage ("Le couperet", 2005 "Le Capital", 2012). Le cinéaste de 85 ans reste connecté à l'actualité et révolté par les injustices du monde. En 2009, il prend parti pour les réfugiés en 2009 dans "Eden à l’ouest". "L'histoire est différente, la politique est différente, et le public est différent aussi, ces hommes d'ombres s'adaptent aux situations", explique encore le cinéaste. 

Depuis 54 ans, le festival Confrontation de Perpignan suit cette même ligne du cinéma engagé. Jusqu’au 15 avril avec une soixantaine de films et des débats sont au programme. Cette année, les films projetés explorent plus particulièrement trois thèmes autour des "Hommes de l'ombre" : La figure de l'espion, Qui contrôle qui ? Qui contrôle quoi ? et Guerre Froide et cinéma. 
Affiche Confrontation © Festival Confrontation