Après la Mostra de Venise, Hayao Miyazaki arrête le cinéma

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/09/2013 à 16H38, publié le 01/09/2013 à 16H16
Le maître du film d'animation japonais Hayao Miyazaki, en 2009

Le maître du film d'animation japonais Hayao Miyazaki, en 2009

© KOBAL / THE PICTURE DESK

Le maître du film d'animation japonais Hayao Miyazaki, 72 ans, prendra sa retraite du cinéma après la Mostra de Venise où son dernier film, "Kaze Tachinu" (le vent se lève) est en compétition pour le Lion d'or, a annoncé dimanche à Venise, le président des studios japonais Ghibli.

"M. Miyazaki a décidé que +Kaze Tachinu+ serait son dernier film et qu'après il prendrait sa retraite", a déclaré Koji Hoshino, président des studios Ghibli co-fondés par Hayao Miyazaki. M. Hoshino a indiqué que le réalisateur, qui n'a pas pu se rendre au festival du film de Venise cette année, donnerait une conférence de presse prochainement à Tokyo.
C'est un rêve d'enfant devenu réel, doublé d'une histoire d'amour tragique sur fond de guerre que le maître du film d'animation japonais Hayao Miyazaki a choisi de raconter dans "Kaze Tachinu" ("Le vent se lève") en compétition dimanche à la Mostra de Venise. "Kaze Tachinu", son 11e long métrage, applaudi à l'issue de sa projection, est déjà sorti au Japon où "il rencontre un très grand succès", selon M. Hoshino. Il est programmé début 2014 en France.

Il raconte la vie d'un ingénieur aéronautique qui a réellement existé, Jiro Horikoshi, concepteur de l'avion de chasse Mitsubishi "Zéro", porte-étendard de l'armée de l'air japonaise durant la Deuxième Guerre mondiale. Enfant, Jiro rêve de voler et de dessiner des avions inspirés de ceux du concepteur italien Italo Caproni. Ne pouvant devenir pilote en raison de sa myopie, il rejoint la division aéronautique d'une multinationale en 1927 et devient l'un des concepteurs d'avions les plus brillants du monde. Il tombe amoureux de Nahoko, une jeune femme dont il a croisé la destinée adolescent en lui sauvant la vie....

Pas seulement un film pour enfants
"C'est un film destiné à tout public et beaucoup de Japonais ont dit qu'ils avaient aimé sa nouvelle saveur. C'est le premier film de M. Miyazaki qui a comme protagoniste un personnage réel dont l'histoire l'a inspiré toute sa vie", a expliqué M. Hoshino. "Il a fallu du temps pour le transformer en dessin animé et faire que ce ne soit pas seulement un film pour les enfants", a-t-il ajouté, qualifiant la réalisation du film de "défi" au vu notamment des détails très précis qu'il met en scène sur l'histoire du Japon notamment.
Hayao Miyazaki, qui s'est inspiré d'un roman de l'écrivain japonais Tatsuo Hori, déroule, en deux heures de temps, tout un pan de l'histoire de son pays: le tremblement de terre de Kanto en 1923, la grande dépression, l'épidémie de tuberculose et le basculement progressif du Japon dans la Seconde Guerre mondiale. Son film, empreint d'une intense poésie et de références ou de clins d'oeil à la culture européenne, entraîne le spectateur dans une métaphore sur la vie face à un avenir incertain: "Le vent se lève, il faut tenter de vivre", répète d'ailleurs le héros en français, citant Paul Valéry.

Dans un message publié à la Mostra à propos de son film, il écrit: "Approcher la beauté à un prix", comme en signe d'adieu aux jeunes générations. Face à un avenir incertain, il faut aider nos enfants à développer leurs capacités innées", avait déjà plaidé en 2008 le père de "Mon voisin Totoro", "Princesse Mononoke", "Le Voyage de Chihiro" ou "Ponyo" en évoquant les dangers d'un univers trop virtuel pour grandir.

Couronné par un Lion d'or à Venise en 2005 pour l'ensemble de sa carrière, Hayao Miyazaki a reçu l'Oscar du meilleur film animé en 2003 pour "Le Voyage de Chihiro", oeuvre qui avait déjà été honorée deux ans plus tôt d'un Ours d'or à Berlin