Affaire Weinstein : Tarantino en "savait assez" pour réagir et regrette de ne pas l'avoir fait

Par @Culturebox
Publié le 20/10/2017 à 09H32
Quentin Tarantino reconnait qu'il avait eu vent d'agressions par Harvey Weinstein

Quentin Tarantino reconnait qu'il avait eu vent d'agressions par Harvey Weinstein

© Jeff Pachoud / AFP

Quentin Tarantino a révélé jeudi qu'il était au courant depuis des décennies des pratiques de son ami et producteur Harvey Weinstein, accusé de harcèlement sexuel et de viols par près de 40 actrices, et contre qui la police de Los Angeles a ouvert une enquête mardi. Le réalisateur américain a dit qu'il regrettait de ne pas avoir parlé.

Quand l'affaire a éclaté, il avait parlé de "révélations". Le réalisateur Quentin Tarantino, grand ami de Harvey Weinstein, a pourtant reconnu dans une interview publiée jeudi par le New York Times avoir été au courant depuis de longues années des agissements du producteur.
 
La réaction de Tarantino, un des metteurs en scène les plus renommés d'Hollywood et un des plus proches de Weinstein, était fortement attendue.
 
"J'en savais suffisamment pour réagir plus que ce que j'ai fait", a reconnu le réalisateur multi-oscarisé de 54 ans. "C'était plus que les rumeurs habituelles, les ragots. Ce n'était pas des 'on dit'. Je savais qu'il avait fait plusieurs de ces choses", a-t-il également admis.
 
A la mi-octobre, après les premières accusations portées contre Harvey Weinstein, le lauréat de la Palme d'or 1994 pour "Pulp Fiction" avait réagi par un court message sur Twitter en parlant des "révélations". Il s'était également dit "abasourdi, le coeur brisé".

Son ancienne compagne lui avait fait part d'une agression

Dans son interview au New York Times, Tarantino explique pourtant que Mira Sorvino, son ancienne compagne, lui avait notamment fait part d'attouchements non consentis de la part de Harvey Weinstein. Le réalisateur, de son propre aveu, avait "mis de côté" cet épisode, qui n'était pourtant pas le seul dont il avait eu connaissance. Il reconnaît également avoir été au courant de l'accord à l'amiable signé entre Rose McGowan et Harvey Weinstein.
 
"J'aurais aimé avoir agi de façon responsable par rapport à ce que j'ai entendu. Si j'avais fait ce qu'il fallait faire, je n'aurais pas travaillé avec lui", a-t-il également déclaré.
 
Interrogé sur les conséquences que pourrait avoir cette affaire sur son travail, il a expliqué "espérer" que cela n'affecterait pas ses films. Ensemble, le duo a écrit parmi les plus belles pages du cinéma hollywoodien des années 1990 et 2000, arrivant à concilier reconnaissance critique et succès populaire.
 
 
Harvey Weinstein avait distribué le premier film de Tarantino, "Reservoir Dogs", en 1992, avant de produire plusieurs de ses plus gros succès, comme "Kill Bill", "Pulp Fiction" ou "Inglourious Basterds". 

Une nouvelle enquête à Los Angeles

Le producteur, qui a été licencié de sa société, la Weinstein Company, est maintenant visé par une nouvelle enquête policière pour agression sexuelle, ouverte par la police de Los Angeles (LAPD).
 
Contacté par l'AFP, le porte-parole de la LAPD n'a pas donné l'identité de la victime mais, selon plusieurs médias, il s'agirait d'une actrice et mannequin italienne.
 
Cette dernière a expliqué au Los Angeles Times, sans que son identité soit révélée, que les faits s'étaient déroulés dans un hôtel de Los Angeles en février 2013. Harvey Weinstein, selon elle, est arrivé "sans prévenir" à son hôtel, et est monté dans sa chambre pour la voir, alors qu'elle avait proposé de descendre à sa rencontre.

Six accusations de viol

"Il a forcé le passage dans ma chambre", a-t-elle expliqué au journal californien, avant de raconter : "Il est devenu très rapidement agressif et demandait à me voir nue. Il m'a attrapée par les cheveux, et m'a forcée à faire quelque chose que je ne voulais pas. Ensuite il m'a traînée dans la salle de bain et m'a violée."
 
Avant ce nouveau témoignage, cinq actrices accusaient déjà Harvey Weinstein de viol. Sa personnalité était bien connue à Hollywood, et plusieurs fois évoquée entre les lignes lors de discours publics ou dans des films.
 
Harvey Weinstein a affirmé, par la voix de sa porte-parole, que les relations sexuelles publiquement révélées étaient consenties.