"Wonder Wheel" : Woody Allen filme du théâtre au grand air

Mis à jour le 01/02/2018 à 10H16, publié le 31/01/2018 à 18H44
Justin Timberlake, kate Winslet,  Juno Temple dns "Wonder Wheel" de Woody Allen 

Justin Timberlake, kate Winslet,  Juno Temple dns "Wonder Wheel" de Woody Allen 

© Mars Distribution

Alors que Woody Allen est pris dans la déferlante de l’affaire Weinstein, sort son nouveau film, "Wonder Wheel", qui ne restera pas comme un de ses meilleurs opus. Il a pourtant devant la caméra un casting 5 étoiles : Kate Winslet, James Belushi, Justin Timberlake et Juno Temple, dans une belle reconstitution du Coney Island des années 50, mais un peu vaine.

La note Culturebox

2
2/5

Méli-mélo

Le film s’ouvre sur le retour au bercail de Carolina (Juno Temple) chez un père Humpy (James Belushi) qui l’a reniée car mariée à un gangster. La jeune femme l’ayant dénoncé à la police, un contrat pèse sur sa tête. Humpy est marié à Ginny (Kate Winslet), épouse par dépit, qui va le tromper avec Mickey (Justin Timberlake), bientôt amoureux de Carolina. On ne sait trop par quel bout prendre "Wonder Wheel". Drame adultérin, film sentimental sur fond de gangstérisme, évocation nostalgique de la fin d’une époque. Ce méli-mélo s’emmêle sans véritable continuité.
Ce nouveau Woody Allen, tourné pour une large part en extérieur à Coney Island, au grand air, et reconstituant son immense fête foraine permanente, évoque paradoxalement un théâtre filmé. Le film est nourri de dialogues surabondant, alors que Mickey ne cesse d’intervenir pour raconter l’histoire. Le théâtre est d’ailleurs un thème majeur du film. Ginny est une comédienne ratée, nostalgique d’une carrière qui a été brisée, et Mickey rêve de devenir un grand dramaturge.

La fin de l’innocence

On sait Woody bavard dans ses films, mais là, malgré le talent des interprètes, manque une dynamique. Domine l’impression de faire du sur-place. De tourner en rond. La teneur dramatique est faible, alors que le fond passionnel nourri le sujet. Le New-Yorkais est d’habitude un maître de la dramaturgie, Allen est un grand raconteur d’histoires. C'est sans doute dans l'écriture que réside la faiblesse du film.
James Belushi et kate Winslet dans "Wonder Wheel" de Woody Allen

James Belushi et kate Winslet dans "Wonder Wheel" de Woody Allen

© James Belushi et Kate Winslet dans "Wonder Wheel" de Woody Allen
Les extérieurs sont toujours les mêmes, comme les intérieurs, la salle de restaurant de Humpy et de sa femme Ginny. Ils répètent que c’est la fin de Coney Island, surlignant une fin de l’innocence. Celle de l’âge d’or des années 50 aux Etats-Unis, symbolisé par les manèges de fête foraine qui ne font plus recettes. Demeurent les acteurs, bien sûr, tout comme la très belle photographie du grand Vittorio Storaro aux dominantes oranges et dorées pour coller à la mélancolie du film. Mais le cœur n’y est pas.
"Wonder Wheel" : l'affiche française

"Wonder Wheel" : l'affiche française

© Mars Distribution

LA FICHE

Genre : Drame
Réalisateur : Woody Allen 
Pays : Etats-Unis
Acteurs : Kate Winslet, James Belushi, Justin Timberlake, Juno Temple, Max Casella, Jack Gore
Durée : ​1h41
Sortie : 31 janvier 2018

Synopsis : Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l'effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.