Mort du réalisateur italien Damiano Damiani

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/03/2013 à 09H21, publié le 08/03/2013 à 09H15
Damiano Damiani sur le tournage d'un téléfilm pour TF1, "Un enfant de trop" (22/9/1994)

Damiano Damiani sur le tournage d'un téléfilm pour TF1, "Un enfant de trop" (22/9/1994)

© Pugnet / TF1 / SIPA

Le réalisateur italien Damiano Damiani, connu pour des films sur la mafia comme "Pizza Connection" ou La Pieuvre", est décédé à l'âge de 90 ans jeudi à Rome pour insuffisance respiratoire, a annoncé son entourage aux médias italiens.

Né le 23 juillet 1922, près de Pordenone, dans l'extrême-nord est de l'Italie, Damiano Damiani, par ailleurs écrivain et acteur, avait fait ses premières armes à l'époque du cinéma néoréaliste. Dans les années 70, ses oeuvres classées dans la catégorie du cinéma populaire avaient dénoncé certains systèmes et centres de pouvoir.

Un fort engagement social et civique
Parmi ses films marquants, qui trahissent une forte préoccupation sociale et civique, figurent "La mafia fait la loi" ("Il giorno della civetta", 1967, d'un roman éponyme du sicilien Leonardo Sciascia) avec Claudia Cardinale et Franco Nero, et "Confession d'un commissaire de police au procureur de la République" (1971).

Mais Damiano Damiani était surtout connu pour la première partie de la série "La mafia" ("La Piovra", 1984) avec Michele Placido dans le rôle du commissaire Cattani, un téléfilm que la télévision publique italienne Rai a vendu dans de nombreux pays du monde. En 1985, il avait reçu l'Ours d'or à Berlin pour "Pizza Connection".

Un âge d'or dans les années 60
Les années d'or de Damiani, passionné, curieux et avec le goût de la polémique, furent les années 60 quand ses films plaisaient à la critique, au grand public et à la gauche laïque italienne. Ces films, dont le premier d'entre eux, "Jeux précoces", obtient le Prix Fipresci au Festival de San Sebastian, tendent à l'intimisme.
Le préambule et le générique du film "L'Ile d'Arthur" de Damiano Damiani (1962)
Avec Cesare Zavattini, il met en scène avec succès "L'Ile d'Arthur" d'Elsa Morante (1962) et l'année suivante, il adapte avec Tonino Guerra, "L'ennui" d'Alberto Moravia. Puis, au terme des années soixante, sans pour autant abandonner l'analyse psychologique et l'approche comportementale, il donne à son oeuvre une orientation socio-politique.

Il s'aventure même dans les Western spaghetti en tournant par exemple "Quien Sabe" avec Klaus Kinski. En 1970, il lancera Ornella Muti avec "Seule contre la mafia" ("La moglie la piu bella").

Voici dix ans, Damiano Damiani avait arrêté le cinéma, continuant à travailler pour la télévision, et s'était voué à une passion secrète, la peinture.