"Mandela : Un long chemin vers la liberté", un biopic juste, digne et émouvant

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 14/12/2013 à 18H19
Naomie Harris et Idris Elba dans "Mandela : Un long chemin vers la liberté" de Justin Chadwick

Naomie Harris et Idris Elba dans "Mandela : Un long chemin vers la liberté" de Justin Chadwick

© Keith Bernstein

Nelson Mandela est décédé le soir même de la première mondiale à Londres de "Mandela : un long chemin vers la liberté" de Justin Chadvick, l’adaptation de son autobiographie éponyme. Le film s’avère un des meilleurs biopics jamais réalisés, alors que la dimension de l’homme est écrasante pour un réalisateur dont la filmographie, jusqu’ici, ne comptait guère de films marquants.

De Justin Chadwick (Grande-Bretagne/Afrique du Sud), avec : Idris Elba, Naomie Harris, Tony Kgoroge, Riaad Moosa, Fana Mokoena - 2h26 - Sortie : 18 décembre 2013

Synopsis : Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC. Son arrestation le sépare de Winnie, l’amour de sa vie qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC. À travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Il sera le premier Président de la République d’Afrique du Sud élu démocratiquement. 

Objectif
La production la plus notable de Justin Chadvick, jusqu’à « Mandela », demeurait « Deux sœurs pour un roi », avec Natali Portman, Scarlett Johanson et Erice Bana, tout de même. Son « Mandela » dépasse de loin ce film sympathique sur la cour de Henry VIII et les affres amoureuses du roi. « Mandela : un long chemin vers la liberté » retrace avec minutie le destin exceptionnel du grand homme sans jamais tomber dans l’hagiographie ou le pathos.

Si Chadvick nous met en empathie avec Mandela, il ne cherche pas l’identification. Proche de son sujet, il l’expose toutefois avec retrait, recul. Il  valorise les faits, sans chercher à sensibiliser à la cause, tendant ainsi vers un récit objectif, même s’il demeure des plus subjectifs puisque déduit des écrits de Mandela même. Il n’en émane pas moins un sentiment de vérité, d’authenticité du moins. La prestation d’Idris Elba dans le rôle-titre et de Naomie Harris en Winnie Mandela y sont par ailleurs pour beaucoup.

Naomie Harris et Idris Elba dans "Mandela : Un long chemin vers la liberté" de Justin Chadwick

Naomie Harris et Idris Elba dans "Mandela : Un long chemin vers la liberté" de Justin Chadwick

© Keith Bernstein

Libre
"Mandela : Un long chemin vers la liberté" ne joue pas de la complaisance et évite toute sensiblerie, écueil qui aurait été fatal au film. Ce dernier va dans le sens d’une représentation « objective » de son sujet, depuis ses origines tribales jusqu’à sa présidence, en passant par ses années de prison, 24 ans ! Et ses rapports avec Winnie, la femme de sa vie, avec laquelle il a été en conflit à sa sortie de prison, sont très bien démontrés dans le film.

Alors que l’on célèbre le décès de Mandela, l’arrivée de ce biopic sur nos écrans s’avère de la plus grande opportunité pour lui rendre hommage. Le film de Justin Chadvick est des plus justes. S’il tire plus d’une fois la larme à l’œil, c’est par rapport à son histoire et une mise en scène en symbiose avec son sujet. Toute personne en lien avec son discours doit aller voir ce film, juste, digne et LIBRE.