Bertrand Tavernier va être jugé pour outrage contre le juge Burgaud

Mis à jour le 27/10/2013 à 13H02, publié le 26/10/2013 à 18H54
Bertrand Tavernier le 24 septembre 2013 au festival de San Sebastian (Espagne)

Bertrand Tavernier le 24 septembre 2013 au festival de San Sebastian (Espagne)

© Rafa Rivas / AFP

Le cinéaste Bertrand Tavernier sera jugé en correctionnelle pour outrage à magistrat, à la suite de propos tenus à la télévision contre le juge Fabrice Burgaud, qui avait instruit l'affaire d'Outreau, dans le Pas-de-Calais, en 2004.

Le célèbre réalisateur est poursuivi par le parquet, ont indiqué vendredi soir les avocats des parties. Le juge Burgaud sera partie civile, a précisé son avocat, Me Patrick Maisonneuve.

Le 10 avril 2013, dans l'émission "C à vous" sur France 5, Bertrand Tavernier avait notamment déclaré : "C'est quelqu'un que vous avez envie d'exécuter, le juge d'Outreau." Il avait aussi accusé le juge d'avoir "cassé des vies" et "détruit des gens". L'instruction menée par Fabrice Burgaud, alors trentenaire, est très controversée et décriée.
Les propos de Bertrand Tavernier dans l'émission "C à vous", sur France 5 (10 avril 2013)
Le juge Fabrice Burgaud avait initialement déposé plainte pour "provocation au crime", pour les propos tenus par le réalisateur. Dans cette émission, Bertrand Tavernier évoquait alors le film "Présumé coupable" (réalisation Vincent Garenq, 2011), dans lequel l'huissier Alain Marécaux, l'un des acquittés de l'affaire d'Outreau, est incarné par Philippe Torreton, connu pour être un acteur engagé.
"Présumé coupable", de Bertrand Tavernier (2011) : la bande-annonce
Par la suite, le juge Fabrice Burgaud avait témoigné dans un documentaire lui aussi controversé, intitulé "Outreau l'autre vérité" (réalisation Sereg Garde), sorti au cinéma début mars 2013. Il y défendait son travail.
"Outreau, l'autre vérité", de Serge Garde : la bande-annonce (2013)
Le dossier de pédophilie d'Outreau avait éclaté en février 2001 et avait abouti à un fiasco judiciaire retentissant, après deux procès aux assises en 2004 et 2005. Treize des dix-sept accusés ont été acquittés, après parfois trois ans de détention provisoire.