Douglas Trumbull, le magicien des effets spéciaux de "2001 l'Odyssée de l'espace", au Festival Lumière

Mis à jour le 18/10/2018 à 14H50, publié le 18/10/2018 à 13H33
Douglas Trumbull au festival Lumière

Douglas Trumbull au festival Lumière

© France 3 / Culturebox

Il y a cinquante ans, Stanley Kubrick nous éblouissait avec "2001 l'Odyssée de l'espace". Le festival Lumière a projeté le film pour marquer cet anniversaire en présence de Douglas Trumbull. C'est lui qui était chargé d'en superviser les effets spéciaux. Celui que l'on surnomme "l’illusionniste du cinéma" revient sur cette aventure exceptionnelle.

Vêtu d'un jean, d'une chemise à carreaux et d'un blouson très simple, Douglas Trumbull s'avance dans la lumière des projceteurs. Il salue Thierry Frémaux. Le public ovationne ce monsieur de 73 ans qui, il y a cinquante tout juste, participait à la création d'un film mythique : "2001 l'Odyssée de l'espace". Stanley Kubrick avait fait confiance à ce jeune ingénieur de 23 ans pour en superviser les effets spéciaux.

"Tout ce film a été une gigantesque expérimentation. Je dirigeais le département des maquettes, l'animation des planètes. J'ai peint chaque étoile dans le film; mais j'ai surtout supervisé la création de la séquence de "la porte des étoiles" et élaboré la technique pour le défilement des images informatiques. C'est pour moi ma plus belle réussite."


Reportage France 3 Grand Lyon : J. Sauvadon / A. Jacques / F. Gramond

Douglas Trumbull a travaillé pendant trois ans avec Stanley Kubrick. Il se souvient d'un jour où il est allé dans le bureau du réalisateur pour lui dire qu'il y avait un problème avec la fin du film "Lorsque Keir Dullea emprunte la porte des étoiles, l'histoire ne nous disait pas ce qu'il arrivait aux trois autres astronautes en hibernation dans le vaisseau. Kubrick m'a foutu dehors en me disant de me mêler de mes affaires... La semaine d'après il faisait mourir les trois astronautes !"

Le paradoxe des algorithmes

Après l'Odyssée kubricienne, Douglas Trumbull a travaillé sur deux autres films cultes : "Blade Runner" et "Rencontre du troisième type". Il est d'une génération de créateurs quasiment artisanaux et porte de ce fait un regard assez critique sur les effets numériques aujourd'hui. "Les effets spéciaux d'"Avatar" ne sont pas aussi réussis aujourd'hui qu'à l'époque, comme tous les films conçus par ordinateur d'ailleurs. C'est parce que les  technologies et les algorithmes s'améliorent de jour en jour, du coup les films nous apparaissent très datés contrairement aux miniatures."

Lumière, Méliès : la référence

Pour un homme comme Douglas Trumbull, être à Lyon dans la ville des frères Lumière est forcément hautement symbolique : "Lumière, Méliès, étaient des ingénieurs. Faire des films c'est avant tout de la technique. C'est pour ça que je suis admiratif des pionniers du cinéma."

Et Douglas Trumbull d'être émerveillé en se positionnant en face de l'entrée de l'Institut Lumière, là même où les frères Lumière avaient posé leur caméra pour tourner le premier film et lancer la grande odyssée du cinéma. C'était il y a 123 ans.


Grégory Wallet a réalisé un documentaire sur Douglas Trumbull intitulé "Trumbull Land" et produit par Vivement Lundi. Il sera diffusé dans le courant du mois de décembre sur TCM cinéma.