"Rock'n'Roll... Of Corse!", l'histoire d'Henry Padovani fondateur de The Police

Par @Culturebox Rédacteur en chef adjoint de Culturebox
Mis à jour le 21/09/2016 à 16H31, publié le 21/09/2016 à 16H10
Henry Padovani

Henry Padovani

© France 3 / Culturebox

C'est un documentaire sur un destin musical étonnant qui sort en salles aujourd'hui. "Rock'n'Roll... Of Corse!" de Lionel Guedj et Stéphane Bébert retrace l'itinéraire d'Henry Padovani. Le guitariste corse a fondé le groupe mythique "The Police" avec Stewart Copeland, a croisé les Clash, les Who et autres Sex Pistols. Il a été témoin et acteur d'une grand page du Rock'n'Roll.

"Rock'n'Roll... Of Corse!" c'est l'histoire d'une météorite musicale. Le destin d'un guitariste né à bastia et qui aurait pu devenir une méga star. L'histoire en a décidé autrement. Mais Henry Padovani a fondé The Police, a partagé la musique des Clash, des Who, des Sex Pistols, de Kim Wilde, et a partagé la vie de ces monstres sacrés.

Reportage : E.Cornet / N.Salem / F.Menin / S.Lacombe

https://videos.francetv.fr/video/NI_805419@Culture

L'homme qui aurait pu être une star

Fin 1976 , Henry Padovani débarque à Londres. Il croise la route de Stewart Copeland qui rêve de fonder un groupe de rock. Le batteur de The Police se souvient du look d'Henry Padovani à cette époque : "Il avait des lunettes rondes et les cheveux longs. Mais pour une raison que j'ignore, il venait de se couper les cheveux (ce qui lui donnait l'air) d'un vrai punk". "Je lui ai dit : tu es engagé".
 
Henry Padovani est content mais répond : "Il va falloir quelqu'un d'autre car moi je ne chante pas, toi non plus. On s'est dit : il nous faut un bassiste chanteur". Et ce bassiste chanteur ce sera un certain Gordon Matthew Thomas Summer, alias Sting. L'ange blond de Newcastle vient du jazz.

Dans "Rock'n'Roll Of Corse!" il se souvient lui aussi de leur rencontre. "Moi j'étais à part... C'était des gens comme ça : Henry, pantalon de cuir et lunettes noires. Stewart et lui avaient l'air sauvage en veste de cuir. Moi le gamin de Newcastle je ne comprenais rien. Je me sentais en décalage".

En 1977, The Police sort un premier 45 T avec "Fall Out" et "Nothing Achieving" qui fait un flop. Mais c'est un morceau d'histoire puisqu'il contient le seul solo de guitare d'Henry Padovani pour le groupe. Sting pense très vite à un autre guitariste, un certain Andy Summers.

L'année suivante l'album "Oulandos d'Amour" avec "Roxanne", "Can't Stand Losing You" et "So Lonely" projettera The Police dans la lumière, pour la carrière que l'on connaît.

Pas de regrets

Henry Padovani en conçoit-il des regrets? "J'avais plein d'opportunités, de projets, j'étais pas malheureux, je savais que j'allais rejoindre un autre groupe et que je n'allais pas quitter l'Angleterre. Je m'étais trouvé une vocation et plein d'amis.".

Parmi ceux-ci, le batteur des Clash Topper Headon qu'il a retrouvé avec un bonheur partagé à l'occasion du documentaire. Un documentaire dans lequel Kim Wilde, dont il a été le guitariste, reconnaît qu'à un moment elle a même craqué pour lui sans jamais lui avouer.

 Aujourd'hui Henry Padovani a 64 ans. Il manage Zucchero et vient de sortir un album : "I Love Today" dans lequel il évoque ce passé incroyable.
"I Love Today" d'Henry Padovani © DR

Sting et Copeland ne l'ont pas oublié. Au Stade de France trente ans plus tard ils inviteront Henry Padovani sur scène devant 80 000 personnes pour refermer le concert avec "Next To You". Une belle façon de lui rendre hommage, comme le fait d'intégrer dans le Best of Police "Fall out", le premier titre de l'histoire du groupe.
 

Rock'n Roll...Of Corse" .Réal.Lionel Guedj, Stéphane Bébert. 1h30

Synopsis : Le destin d’Henry Padovani, un jeune corse de 24 ans débarqué à Londres en décembre 1976, acteur et témoin d'une période où naissait un nouveau courant alternatif et révolutionnaire : le mouvement punk. Musicien et guitariste, il a traversé les années 80 comme une météorite tombée de nulle part, du groupe « The Police » qu’il fonde avec Stewart Copeland en janvier 1977 jusqu’à leurs retrouvailles sur scène 30 ans plus tard devant 80 000 personnes au Stade de France, des Clash aux Sex Pistols, des Who aux Pretenders, de REM qu’il signe à Zucchero qu’il manage. Avec tous, Henry a partagé un peu de leur musique et beaucoup de leur vie !